Avec 19,8 millions d’arrivées touristiques, 43,4 millions de nuitées enregistrées et des recettes atteignant 138,1 milliards de dirhams, l’année 2025 s’impose comme un exercice particulièrement favorable pour le tourisme marocain. Ces performances globales traduisent une dynamique remarquable du secteur, même si elles ne reflètent pas toujours la réalité économique propre à chaque établissement ni la rentabilité réelle des entreprises opérant dans l’hôtellerie, indique le quotidien Les Inspirations Éco. Pour ces dernières, la santé financière se mesure avant tout à travers plusieurs indicateurs stratégiques, notamment la recette moyenne par chambre louée, le revenu par chambre disponible, communément appelé RevPAR, ainsi que le taux d’occupation. Ces paramètres conditionnent directement le résultat brut d’exploitation, déterminant ainsi la capacité des opérateurs à honorer leurs engagements financiers, à rémunérer leurs investisseurs et à engager des travaux de modernisation ou d’extension.
Sur ce plan, l’exercice 2025 apparaît comme une année charnière pour l’hôtellerie nationale, écrit Les Inspirations Éco. Selon les données publiées par le cabinet français In Extenso, spécialisé dans l’analyse du secteur touristique, l’ensemble des segments, du luxe à l’économique, a bénéficié de la forte progression de la demande, et ce malgré la concurrence persistante de l’offre informelle. Le taux d’occupation moyen a atteint 61% sur l’ensemble de l’année, enregistrant une progression de quatre points par rapport à l’année précédente. Ce niveau constitue un record pour les professionnels du secteur, leur offrant une marge de négociation accrue face aux tour-opérateurs et aux plateformes de réservation en ligne.
Dans plusieurs destinations phares telles que Marrakech, Tanger, Rabat ou Agadir, la demande touristique s’est révélée si soutenue que certains établissements ont fonctionné à pleine capacité, frôlant parfois la saturation. Le segment du milieu de gamme s’est particulièrement distingué, avec un taux d’occupation moyen atteignant 69%, soit une progression de cinq points. Dans le même temps, la recette moyenne par chambre louée s’est établie à 919 dirhams, marquant une hausse de 6% par rapport à 2024.
Cette évolution s’explique par deux tendances majeures, relate Les Inspirations Éco. D’une part, la forte demande a permis aux établissements concernés de revaloriser leurs tarifs, réduisant leur dépendance aux politiques de prix agressives. D’autre part, ces hôtels ont su améliorer leur compétitivité en renforçant la perception qualitative de leurs prestations tout en maîtrisant leurs coûts. Selon la classification d’In Extenso, cette catégorie regroupe principalement des établissements trois et quatre étoiles offrant des infrastructures confortables et une palette de services adaptée à une clientèle diversifiée, allant du tourisme d’affaires aux séjours de loisirs, en passant par l’accueil de séminaires.
Le segment du luxe et du haut de gamme a lui aussi enregistré des performances notables, notamment grâce à l’attractivité d’enseignes prestigieuses implantées à Marrakech et à Rabat, ainsi qu’à un mois de décembre particulièrement dynamique. La recette moyenne par chambre louée dans cette catégorie a progressé de 6% pour atteindre 2.385 dirhams hors taxes, tandis que le taux d’occupation s’est hissé à 58%, en hausse de trois points. Les établissements relevant de cette catégorie se distinguent par leur implantation stratégique, la qualité architecturale de leurs infrastructures, leur renommée internationale et la richesse de leurs services, incluant notamment la haute gastronomie et les installations de bien-être. Le segment du haut de gamme, quant à lui, regroupe des hôtels quatre et cinq étoiles offrant des prestations étendues, tout en visant une clientèle plus large que celle du luxe strict.
Parallèlement, l’hôtellerie économique a également bénéficié de cette conjoncture favorable. Majoritairement constituée d’établissements trois étoiles, elle a enregistré un taux d’occupation moyen de 59%, en progression de neuf points. Le revenu moyen par chambre louée s’est établi à 514 dirhams, tandis que le RevPAR a progressé de 3%. Ce segment continue de séduire une clientèle particulièrement attentive au rapport qualité-prix, confirmant son rôle essentiel dans la démocratisation de l’offre touristique nationale.
Les performances du secteur ont connu un pic notable à la fin de l’année, largement stimulées par l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football 2025-2026 et par les festivités de fin d’année. Entre le 21 décembre 2025 et le 18 janvier 2026, l’ensemble des établissements hôteliers a enregistré un taux d’occupation moyen de 57%, tandis que le prix moyen par chambre louée a atteint près de 2.055 dirhams hors taxes, soit le niveau tarifaire le plus élevé observé sur l’ensemble de l’année, a-t-on pu lire. Comparativement à décembre 2024, ces indicateurs ont progressé respectivement de 6% et de 13%.








