Rachid Benali, président de la Comader: «Les pluies redonnent espoir, mais la saison agricole est loin d’être sauvée»

Rachid Benali, président de la Comader.

Les récentes précipitations qui ont arrosé le Maroc ces dernières semaines redonnent espoir aux agriculteurs après plusieurs années de sécheresse et de conditions climatiques difficiles. Pour Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), «le point le plus important, c’est le moral, qui est revenu au beau fixe. Alhamdoulilah.»

Le 09/01/2026 à 14h35

Le président de la Comader estime que la campagne agricole a démarré cette année sur de bonnes bases, notamment pour les cultures d’automne, qui s’étendent désormais sur plus de 3 millions d’hectares. «C’est une très bonne chose, surtout après des années où les rendements avaient fortement diminué», précise-t-il. Le maraîchage bénéficie également de ce regain d’eau, permettant la reprise des cultures et le remplissage progressif des barrages, aujourd’hui à plus de 45% de leur capacité, avec de nouvelles pluies et la fonte des neiges à venir.

Cette abondance d’eau devrait également permettre la réouverture des stations de pompage longtemps bloquées et garantir un approvisionnement régulier en eau pour les cultures et les pâturages, souligne le président du patronat agricole. Pour les éleveurs, cela représente un soulagement considérable. Les pâturages, désormais disponibles sur l’ensemble du territoire, permettront de réduire la dépendance aux aliments composés coûteux et de soutenir l’élevage dans de meilleures conditions.

Peut-on dire aujourd’hui que la campagne est sauvée? Rachid Benali reste prudent: «Non, loin de là. Une culture est un être vivant qui a besoin d’être alimenté régulièrement. Les pluies ponctuelles ne suffisent pas. Il faudra un suivi et des apports continus d’eau dans les mois à venir.»

Un autre élément positif pour la saison est le retour du froid nécessaire à certaines cultures. «Nous cumulons des heures de froid très importantes pour les rosacées, l’olivier et le blé. C’est avec le froid que certaines cultures poussent mieux et donnent plus de rendement», explique-t-il.

Globalement, le Maroc démarre 2026 avec un regain d’optimisme pour son agriculture. Les pluies et la neige offrent des réserves d’eau indispensables pour les cultures et l’élevage, et redonnent confiance à un secteur qui a souffert de plusieurs années de conditions climatiques extrêmes. «C’est un très bon démarrage, et nous espérons une bonne année agricole», conclut Rachid Benali.

Par Wadie El Mouden
Le 09/01/2026 à 14h35