L’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) a officialisé, le 3 février 2026, l’application d’un droit antidumping définitif sur les importations de PVC originaires d’Égypte. Cette décision marque l’aboutissement d’un long processus d’enquête engagé par les autorités marocaines afin de protéger la branche de production nationale face à des pratiques de dumping jugées avérées.
La mesure fait suite à l’instauration, le 6 juin 2025, d’un droit antidumping provisoire pour une durée de quatre mois, dans l’attente des conclusions définitives de l’enquête. Elle est désormais consacrée par un arrêté conjoint du ministère de l’Industrie et du Commerce et du ministère de l’Économie et des Finances, daté du 29 décembre 2025 et publié au Bulletin officiel le 2 février 2026.
Les droits antidumping définitifs sont appliqués pour une période de cinq ans. Ils s’élèvent à 74,87% pour l’exportateur Egyptian Petrochemicals Company (EPC), seul producteur-exportateur ayant coopéré à l’enquête, et à 92,19% pour l’ensemble des autres exportateurs égyptiens. Des niveaux particulièrement élevés, parmi les plus importants enregistrés dans des enquêtes similaires menées par le Maroc.
Ces taux reprennent fidèlement les marges de dumping établies par le ministère de l’Industrie et du Commerce à l’issue de la procédure. L’enquête avait démontré que les prix pratiqués à l’exportation vers le Maroc étaient nettement inférieurs à la valeur normale observée sur le marché égyptien, traduisant des pratiques de concurrence jugées déloyales.
La mesure entre en vigueur à compter du 3 février 2026. Les importations concernées sont désormais soumises au paiement des droits antidumping définitifs, mettant ainsi fin au régime transitoire des consignations appliqué durant la phase provisoire.
Un préjudice clairement établi
L’enquête antidumping, ouverte le 27 novembre 2024, s’est appuyée sur une analyse détaillée des flux commerciaux, des prix et de la situation économique de la branche de production nationale (BPN). Pour EPC, les autorités ont comparé les prix de vente sur le marché égyptien à ceux effectivement facturés au Maroc. Pour les exportateurs non coopérants, les calculs ont reposé sur les données contenues dans la requête initiale déposée par l’industrie nationale.
Les conclusions finales ont mis en évidence une augmentation significative des importations de PVC égyptien, tant en volume absolu qu’en part relative par rapport à la production et à la consommation locales. Cette progression a exercé une pression constante sur les prix du marché marocain, se traduisant par une sous-cotation persistante du PVC d’origine nationale.
Selon les autorités, cette situation a empêché les producteurs marocains de procéder à toute revalorisation tarifaire, entraînant une détérioration notable de leurs indicateurs économiques. La branche nationale a enregistré des pertes de parts de marché, une baisse marquée de la rentabilité et un recul du retour sur investissement, confirmant l’existence d’un préjudice matériel.
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Après consultation de la Commission de surveillance des importations, réunie le 21 novembre 2025, le ministère de l’Industrie et du Commerce a recommandé l’instauration de droits antidumping définitifs. L’enquête a été officiellement clôturée le 25 novembre 2025, ouvrant la voie à la mise en œuvre des mesures de défense commerciale.
À noter toutefois qu’une exemption est prévue: le droit antidumping ne s’applique pas aux importations de PVC obtenu par polymérisation en émulsion, sous réserve de la présentation d’une facture visée par le département de l’Industrie.
Par cette décision, le Maroc réaffirme sa volonté de défendre son tissu industriel face aux importations jugées déloyales, tout en s’inscrivant dans le strict respect des règles de l’Organisation mondiale du commerce. La filière nationale du PVC bénéficie ainsi d’un cadre concurrentiel assaini, destiné à soutenir l’investissement et la pérennité de la production locale.





