Marché de gros de Fès: pourquoi les fruits et légumes coûtent plus cher

Le marché de gros des fruits et légumes de Fès. (Y.Jaoual/Le360)

Le 15/03/2026 à 13h01

VidéoFace à la cherté croissante des fruits et légumes, Le360 s’est immergé au coeur du marché de gros de Fès. Entre dérèglement climatique, envolée des frais de transport et déséquilibre entre l’offre et la demande, les grossistes décortiquent les rouages qui tirent les prix vers le haut.

Ces derniers jours, les prix des fruits et légumes ont connu une hausse notable dans toutes les régions du pays. Cette situation suscite de nombreuses interrogations chez les consommateurs, d’autant que ces produits constituent des éléments essentiels de l’alimentation quotidienne des ménages.

En effet, toute variation des prix impacte directement le pouvoir d’achat des familles, relançant ainsi le débat sur la volatilité qui caractérise le marché des produits agricoles et sur les conditions de production et de distribution.

Pour observer de près la réalité de l’approvisionnement et comprendre comment les besoins quotidiens des citoyens sont assurés, Le360 s’est rendu au marché de gros des fruits et légumes de Fès, qui constitue un point de passage stratégique entre les zones de production et les marchés de distribution.

Sur place, l’équipe a pu constater une activité commerciale dynamique. Les commerçants et professionnels du marché oeuvrent quotidiennement pour approvisionner les marchés locaux en fruits et légumes.

Ces produits proviennent de plusieurs régions agricoles du Royaume, notamment d’Agadir et de la région du Gharb. Le marché de gros de Fès constitue en effet un maillon central dans la chaîne de distribution vers les détaillants et les marchés.

Selon Youssef, un commerçant du marché, les prix ont connu une hausse sensible depuis le début du mois de Ramadan. Les prix de plusieurs variétés de légumes ont enregistré des augmentations.

Le poivron se vend ainsi à environ 9 dirhams le kilogramme, le concombre à 6 dirhams, l’aubergine à 7 dirhams, le piment fort à 10 dirhams, la tomate à 7 dirhams et l’oignon à 12 dirhams.

Ces prix atteignent des niveaux nettement supérieurs chez les détaillants, ce qui accentue la pression sur le consommateur.

Cette tendance haussière est également observée pour les fruits. Nourredine El Barki, un autre commerçant du marché, indique que les prix de gros ont augmenté de un à quatre dirhams selon les variétés.

La fraise coûte ainsi environ 13 dirhams le kilogramme au marché de gros, avant d’être vendue aux consommateurs entre 20 et 25 dirhams au détail. Les pommes se négocient autour de 13 dirhams, tandis que la banane oscille entre 13 et 14 dirhams selon la qualité.

Les conditions climatiques pointées du doigt

Les professionnels expliquent cette hausse par plusieurs facteurs. Il s’agit notamment de la baisse de la production dans certaines régions agricoles, liée aux conditions climatiques. Mohamed Naïm, agent au marché, souligne que le niveau de production agricole reste déterminant dans la formation des prix.

Il rappelle que les récentes conditions météorologiques ont affecté plusieurs zones agricoles du Royaume, notamment la région du Gharb, qui a connu des précipitations importantes et des inondations ayant endommagé certaines cultures. Ce qui a réduit l’offre disponible et contribué à la hausse des prix.

Les vents violents et les vagues de froid enregistrés récemment ont également impacté la production de certaines cultures saisonnières notamment dans la région d’Agadir.

Les coûts de transport et de distribution constituent un autre facteur important. Le transport des produits depuis les zones de production jusqu’à Fès a connu une hausse ces derniers temps, ce qui se répercute directement sur le prix final payé par le consommateur.

Les professionnels évoquent également le rôle des fluctuations de l’offre et de la demande, particulièrement durant les périodes de forte consommation, qui influencent l’évolution des prix sur le marché.

Malgré ces hausses, les responsables du marché assurent que l’approvisionnement se poursuit de manière régulière et que les quantités disponibles restent suffisantes pour répondre aux besoins des commerçants et des marchés locaux.

Pour Mohamed Naïm, une stabilisation des prix dépendra avant tout de l’amélioration des conditions climatiques et du retour de la production agricole à des niveaux normaux.

Le professionnel relève également que la chaîne de distribution des fruits et légumes repose sur plusieurs intervenants, chacun étant confronté à des coûts logistiques et de transport en hausse.

De ce fait, les marges des intermédiaires demeurent relativement limitées, selon les acteurs du secteur, en raison de l’augmentation des charges liées à la logistique et au transport.

Par Youssra Jaoual
Le 15/03/2026 à 13h01