L’huile d’olive repasse sous la barre des 50 dirhams grâce aux récentes pluies

أسعار زيت الزيتون تنخفض إلى أقل من 50 درهم

Olives et huile d'olive (S.Belghiti/Le360).

Le 24/01/2026 à 12h23

VidéoDans certaines régions du pays, à l’instar de Laâttaouia dans la province d’El Kelaâ des Sraghna, les cours de l’huile d’olive affichent une baisse significative en ce début de campagne. Portée par les précipitations généreuses des derniers mois, la saison 2025-2026 s’annonce exceptionnelle en termes de rendement. Si cette situation profite directement aux consommateurs, avec des prix repassant sous la barre des 50 dirhams le litre, elle fragilise néanmoins une partie des agriculteurs. Ces derniers se retrouvent pris en étau entre l’effritement des prix de vente, la flambée des coûts de production et une pénurie persistante de main-d’œuvre.

Cette année, la filière oléicole marocaine bénéficie d’un contexte climatique favorable. Les importantes précipitations enregistrées récemment ont permis une production abondante d’olives, entraînant mécaniquement une baisse significative des prix de l’huile d’olive sur les marchés. Une dynamique qui tranche nettement avec la saison précédente, marquée par la rareté du produit et des prix record.

Abdelkrim, représentant d’une coopérative locale, explique que ce recul des cours découle directement de la générosité de la récolte actuelle. «L’abondance du produit, favorisée par les récentes précipitations dans la région, a mécaniquement entraîné une baisse des prix», précise-t-il. Toutefois, cette apparente prospérité cache une réalité plus complexe sur le terrain: «Une grande partie de la récolte reste encore sur les arbres faute de main-d’œuvre. C’est un problème majeur pour nous, d’autant que les coûts de production demeurent particulièrement élevés», regrette-t-il.

Selon lui, les olives se négocient actuellement entre 4 et 4,5 dirhams le kilo, un tarif qu’il juge dérisoire: «Ce prix permet à peine de couvrir les charges d’une année entière de labeur.» Paradoxalement, Abdelkrim souligne que l’huile d’olive locale, en particulier la variété Haouzia, se vend aujourd’hui dans une fourchette de 40 à 50 dirhams le litre.

Ce constat est partagé par les industriels du secteur. Abdellah, directeur qualité au sein d’une unité de trituration, confirme l’impact déterminant du climat sur le marché. «Cette année, la pluie a été au rendez-vous. C’est le facteur crucial: quand l’eau est présente, le rendement suit», explique-t-il avec soulagement. Pour lui, la corrélation est évidente: la disponibilité des olives et l’abondance de la production attendue justifient naturellement la détente actuelle des prix.

«L’huile d’olive se négocie actuellement autour de 45 dirhams le litre, alors qu’elle atteignait 100 à 120 dirhams l’an dernier», observe Rachid, représentant d’une autre coopérative. Ce retour à des tarifs attractifs a suscité un véritable engouement auprès des foyers: «Les clients, séduits par cette accessibilité, n’hésitent plus à revenir pour s’approvisionner à nouveau», ajoute-t-il.

Rachid rappelle toutefois que la campagne avait débuté fin octobre sur des bases plus onéreuses, avec un kilo d’olives s’affichant entre 8 et 8,5 dirhams, contre 4,5 à 5 dirhams aujourd’hui. Il précise que le rendement actuel, situé entre 17% et 19%, permet de maintenir ces prix à la portée du consommateur. «Cependant, si cette baisse profite aux ménages, elle fragilise le producteur qui doit faire face au coût élevé et à la rareté d’une main-d’œuvre de plus en plus difficile à mobiliser», nuance-t-il.

Omar, également représentant de coopérative, estime pour sa part que la décrue des prix n’a pas encore atteint son seuil. «L’abondance de la production cette année, portée par les précipitations, est indéniable. Si l’huile se vendait à 70 dirhams en tout début de saison, elle est déjà redescendue à 50 dirhams aujourd’hui», souligne-t-il.

Selon ses prévisions, cette tendance baissière devrait se confirmer dans les semaines à venir. «Les prix vont continuer de reculer, portés par l’amélioration constante du rendement au fil de la récolte. Plus l’extraction devient généreuse, plus le coût final pour le consommateur s’allège», conclut-il avec optimisme.

Par Ryme Bousfiha et Sifeddine Belghiti
Le 24/01/2026 à 12h23