Lors de la présentation du bilan de l’exécution de la loi de finances pour 2025 devant la Chambre des représentants, lundi, Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget, a dressé un tableau positif de la situation financière du pays. Selon lui, les recettes de l’État ont connu une progression remarquable de 127 milliards de dirhams sur la période 2021-2025, soit une augmentation moyenne annuelle de 12,4%. «Selon le ministre, cette performance ne doit pas être interprétée comme une simple hausse de l’impôt sur les sociétés, mais comme le reflet d’une dynamique économique réelle et d’une croissance soutenue», relate le quotidien L’Économiste du 29 janvier.
Le ministre a insisté sur la dimension sociale de la fiscalité, rappelant que l’impôt doit être payé par ceux qui disposent d’une capacité contributive réelle. La charge fiscale, selon lui, ne doit en aucun cas peser sur les citoyens en situation de vulnérabilité. Cette approche vise à renforcer la justice fiscale tout en favorisant le développement économique.
Le contexte dans lequel cette croissance s’est produite est marqué par une situation financière saine et stable, largement reconnue par les institutions financières internationales et les agences de notation, qui ont exprimé leur confiance dans les perspectives économiques et financières du Maroc. Sur le plan national, l’activité agricole montre des signes encourageants après une année 2024 difficile. La production agricole devrait croître de 4,6%, bénéficiant notamment des récentes précipitations, après un recul de 4,8% l’année précédente.
La maîtrise des dépenses publiques a également joué un rôle déterminant dans la stabilité budgétaire. «Le déficit pour 2025 a été maintenu à 3,5%, conforme aux prévisions, et le ratio de la dette publique par rapport au PIB a légèrement reculé, passant de 67,7% en 2024 à 67,2% en 2025», lit-on dans L’Économiste. Selon Lekjaâ, cette trajectoire devrait se poursuivre dans les années à venir, avec un déficit budgétaire stabilisé autour de 3% et une dette publique attendue à 64% du PIB d’ici 2028.
L’amélioration des recettes a permis de financer plusieurs priorités sociales et économiques. Les augmentations de salaires des fonctionnaires prévues dans le cadre du dialogue social ont pu être mises en œuvre, et le chantier de la généralisation de la protection sociale a bénéficié d’un budget de 37,7 milliards de dirhams, contre 32 milliards l’année précédente. Le soutien au pouvoir d’achat des citoyens a été assuré à travers une enveloppe de 17,7 milliards de dirhams, tandis que l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a reçu 4 milliards de dirhams pour garantir la stabilité des prix de l’électricité. Le programme de reconstitution du cheptel national a, quant à lui, mobilisé 5,5 milliards de dirhams.
Les chiffres de l’exécution budgétaire témoignent d’une nette progression des recettes ordinaires, qui ont atteint 424 milliards de dirhams, soit une hausse de 14,2% par rapport à 2024. Cette augmentation est essentiellement portée par les recettes fiscales, en croissance de 43,8 milliards de dirhams (+14,7%), dépassant les prévisions de la loi de finances 2025. Plus particulièrement, l’impôt sur les sociétés est passé de 71,1 à 91,4 milliards de dirhams, enregistrant une hausse de 28,6% et dépassant de 25% les prévisions initiales. La TVA et l’impôt sur le revenu ont également progressé, respectivement de 9,3 et 9,4%, tandis que les droits de douane et la taxe intérieure de consommation ont connu des hausses de 12,9% et 13,8%.
«Cette dynamique fiscale s’accompagne d’une reprise dans d’autres secteurs économiques», souligne L’Économiste. Les ventes de ciment ont augmenté de 8,2% par rapport à 2024, le secteur touristique a accueilli près de 20 millions de visiteurs, soit une hausse de 14%, et les transferts des Marocains résidant à l’étranger, les recettes liées au tourisme et les investissements directs étrangers ont permis de renforcer les réserves en devises du pays. Ces dernières ont atteint un niveau record de plus de 440 milliards de dirhams, couvrant plus de cinq mois et demi d’importations, soit une progression de 18% par rapport à l’année précédente.
Au final, le bilan 2025 illustre une économie en reprise, soutenue par des recettes fiscales robustes, une gestion rigoureuse des dépenses et des mesures sociales concrètes, dans un contexte de confiance internationale et de stabilité financière renforcée.








