Les données publiées par l’administration espagnole portent sur les exportations effectivement exécutées et non sur les licences préalablement autorisées. Sur cette base, les valeurs déclarées par les autorités de Madrid font apparaître une progression annuelle de 40,4%.
D’après les tableaux publiés par le secrétariat d’État au Commerce espagnol, les exportations vers le Maroc se concentrent principalement dans certaines catégories relevant de la classification militaire européenne. Les montants les plus significatifs concernent notamment des équipements appartenant aux catégories relatives aux munitions et matériels connexes, ainsi qu’aux accessoires d’armes, selon la nomenclature espagnole.
L’ensemble des livraisons classifiées dans les catégories les plus sensibles représente l’essentiel du total enregistré en 2025, d’après les données ventilées par codes figurant dans les statistiques du rapport annuel.
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Rapportées aux échanges globaux entre les deux pays, ces exportations demeurent quantitativement limitées. Selon la ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, dans une interview avec le journal espagnol El Economista, les importations marocaines en provenance d’Espagne atteignent environ 11 milliards d’euros, confirmant la position de Madrid comme premier partenaire commercial du Royaume.
Les statistiques espagnoles détaillent la structure des exportations à destination de Rabat. Les «bombes, grenades et torpilles » constituent la première catégorie en valeur, avec 15 millions d’euros. Viennent ensuite les «accessoires d’armes de guerre», pour plus de 12 millions d’euros. Les «armes de guerre» proprement dites représentent près de 1,8 million d’euros, tandis que les «fusils ou carabines» dépassent 100.000 euros.
Du côté marocain, les crédits ouverts au titre de l’Administration de la défense nationale dépassent 124 milliards de dirhams dans la loi de finances 2025, contre environ 118 milliards de dirhams dans la loi de finances 2024, selon les documents budgétaires publiés par le ministère de l’Économie et des finances. Ces montants incluent les crédits de fonctionnement et d’investissement inscrits au budget général.
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Selon les estimations consolidées du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), les dépenses militaires marocaines avoisinaient 5,2 milliards de dollars en 2024, soit près de 3,5% du PIB. Ces données, bien que basées sur des méthodologies internationales, confirment une trajectoire haussière observée depuis plusieurs exercices budgétaires.
La montée en puissance des acquisitions s’explique par la modernisation des forces armées, la diversification des fournisseurs et la nécessité d’entretenir des capacités de dissuasion dans un environnement régional marqué par des tensions persistantes.
Côté espagnol, cette hausse intervient alors que le gouvernement de Pedro Sánchez s’est opposé à un relèvement des dépenses militaires à 5% du PIB, préférant défendre un objectif de 2,1%, jugé compatible avec les équilibres budgétaires nationaux. La déclaration des États membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) prévoit pourtant un engagement progressif vers 5% du PIB d’ici 2035 pour les besoins fondamentaux de défense et de sécurité.
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L’augmentation des ventes vers le Maroc apparaît ainsi comme un levier de compensation partielle pour l’industrie de défense espagnole, confrontée à des arbitrages géopolitiques et budgétaires internes.
Selon le rapport annuel 2025 du secrétariat d’État au Commerce espagnol, les exportations totales de matériel de défense espagnol atteignent plusieurs milliards d’euros par an. Le Maroc ne représente qu’une part limitée de ce total, d’après les données consolidées transmises au Parlement espagnol.
Les chiffres publiés par les autorités espagnoles ne préjugent pas des contrats futurs ni des licences éventuellement autorisées mais non encore exécutées. Ils reflètent exclusivement les opérations réalisées au cours de l’exercice 2025, conformément aux déclarations des entreprises exportatrices contrôlées par l’administration.








