Le Maroc accélère l’intégration des énergies renouvelables dans son système électrique

An electricity transmission tower and wind turbines are pictured at the Adani Green Renewable Energy Plant in Khavda, in India's Gujarat stUne tour de transmission d'électricité et des éoliennes sont photographiées à la centrale d'énergie renouvelable Adani Green en Inde, le 15 octobre 2024

Une tour de transmission d'électricité et des éoliennes. AFP or licensors

Revue de presseL’Autorité nationale de régulation de l’électricité a validé une capacité d’accueil de 10.429 MW en énergies renouvelables à l’horizon 2030. Cette progression, portée par la hausse de la demande énergétique et le renforcement des infrastructures, confirme l’ambition du Royaume de consolider sa souveraineté énergétique tout en soutenant sa compétitivité industrielle et ses engagements climatiques. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 05/02/2026 à 20h09

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa transition énergétique. Le Conseil de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) a validé et rendu publique la capacité d’accueil du système électrique national pour la période 2026-2030, confirmant l’accélération de l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique du Royaume.

Selon les données arrêtées par l’Autorité, la capacité cumulée d’intégration des sources renouvelables atteindra 10.429 mégawatts à l’horizon 2030. «Ce niveau marque une progression notable par rapport aux projections précédentes, avec des capacités supplémentaires estimées à 1.091 mégawatts par rapport à la période 2025-2029 et à 3.193 mégawatts comparativement à la période 2024-2028», relève le quotidien L’Economiste. Ces évolutions traduisent des hausses respectives de près de 12% et de 44%, confirmant la dynamique que connaît le secteur électrique national.

Cette évolution s’explique avant tout par la croissance soutenue de la demande énergétique. Le développement de grands projets industriels stratégiques contribue fortement à cette tendance. L’installation de gigafactories, l’essor des unités de dessalement d’eau de mer, la montée en puissance des projets liés à l’hydrogène vert ainsi que l’électrification progressive de certains procédés industriels entraînent une augmentation structurelle des besoins en électricité. Par ailleurs, la préparation et l’organisation d’événements internationaux majeurs programmés au Maroc génèrent également des besoins énergétiques supplémentaires, renforçant la pression sur les capacités de production et de distribution.

Dans ce contexte, le renforcement des infrastructures constitue un levier déterminant. Le plan d’équipement de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) prévoit d’importants investissements visant à améliorer la flexibilité du réseau. Parmi les infrastructures stratégiques figurent les stations de transfert d’énergie par pompage, les systèmes de stockage d’électricité par batteries ainsi que les turbines à gaz à cycle ouvert. Ces équipements permettent de stabiliser le réseau et d’absorber plus efficacement la variabilité inhérente aux énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne.

«La progression de la capacité d’accueil représente un jalon structurant pour le marché électrique marocain», écrit L’Economiste. Elle renforce la solidité des infrastructures nationales tout en offrant une meilleure visibilité aux investisseurs intéressés par le développement des énergies propres. L’élaboration de ces projections repose sur un processus de concertation étroite entre l’ANRE, l’ONEE et l’ensemble des gestionnaires des réseaux électriques, permettant d’aboutir à une évaluation approfondie des capacités réelles du système.

Cette démarche vise également à optimiser les investissements dans la production d’électricité, en garantissant l’équilibre entre l’offre et la demande à moyen et long terme. Elle contribue à maintenir des coûts compétitifs tout en améliorant la qualité du service. L’évaluation détaillée des capacités de transport et de distribution permet ainsi d’anticiper les contraintes techniques et d’orienter les futurs projets énergétiques.

La publication officielle de la capacité d’accueil s’inscrit dans une volonté de transparence et de prévisibilité, conformément au cadre législatif encadrant le secteur. Elle constitue un outil d’aide à la décision destiné aux opérateurs publics et privés ainsi qu’aux autorités concernées. Pour faciliter l’accès à l’information, l’ANRE a mis en place une plateforme numérique dédiée, accessible via son site internet, permettant aux porteurs de projets d’énergies renouvelables de consulter les données nécessaires à la planification de leurs investissements. Ce projet a bénéficié du soutien financier de la Banque africaine de développement ainsi que de la coopération allemande.

«Au-delà de ces avancées techniques, l’objectif fixé par le Maroc d’atteindre 52% d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030 reflète une stratégie globale articulée autour de trois priorités majeures», souligne L’Economiste. Il s’agit d’abord de renforcer la souveraineté énergétique du pays en réduisant sa dépendance aux importations d’énergies fossiles. Cette orientation vise également à améliorer la compétitivité industrielle nationale en garantissant un approvisionnement énergétique stable et à coût maîtrisé. Enfin, la transition énergétique constitue un levier essentiel pour réduire l’empreinte carbone du pays et répondre aux engagements climatiques internationaux.

La concrétisation de cette ambition nécessite une accélération du déploiement des capacités de production renouvelable, mais aussi un renforcement continu de la flexibilité du système électrique. La modernisation des réseaux, notamment à travers leur automatisation et leur digitalisation, devient indispensable pour gérer les flux énergétiques variables et favoriser les échanges bidirectionnels entre producteurs et consommateurs.

L’introduction du concept de capacité d’accueil dans la réglementation nationale illustre cette évolution structurelle du secteur. Ce dispositif, consacré par les lois récentes encadrant les énergies renouvelables et l’autoproduction d’électricité, définit la quantité maximale de puissance installée issue de sources renouvelables que le système électrique peut absorber sans compromettre son fonctionnement. Cette approche permet d’optimiser l’intégration des nouvelles unités de production tout en garantissant la stabilité et la performance du réseau.

Par cette initiative, l’ANRE confirme son rôle central dans l’accompagnement de la politique énergétique nationale et dans la structuration du marché électrique. Elle entend ainsi favoriser une planification cohérente des investissements tout en veillant à préserver la sécurité d’approvisionnement, la continuité du service et l’efficacité globale du système électrique marocain.

Par La Rédaction
Le 05/02/2026 à 20h09