Le HCP lance une prospective Eau–Énergie–Alimentation à l’horizon 2040

Le HCP a accueilli, le 11 février à Rabat, la réunion du comité de pilotage marquant le lancement d’une étude prospective sur le Nexus Eau–Énergie–Alimentation (EEA) à l’horizon 2040.

Face à la contrainte hydrique, à la transition énergétique et aux tensions sur la sécurité alimentaire, le comité de pilotage du Haut-commissariat au plan a acté le lancement d’une étude prospective nationale sur le Nexus Eau–Énergie–Alimentation à l’horizon 2040. L’étude vise à éclairer, par la donnée et la modélisation, les choix structurants qui conditionneront la croissance, l’emploi et la résilience du Maroc.

Le 11/02/2026 à 21h21

Le Haut-commissariat au plan (HCP) a accueilli, le 11 février, la réunion du comité de pilotage marquant le lancement d’une étude prospective sur le Nexus Eau–Énergie–Alimentation (EEA) à l’horizon 2040. Autour de la table, une alliance institutionnelle élargie comprenant le ministère de l’Intérieur, celui de l’Économie et des Finances, de l’Équipement et de l’Eau, de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, ainsi que Bank Al-Maghrib.

L’initiative s’inscrit dans le cadre des hautes orientations royales appelant à renforcer la cohérence des politiques publiques et à dépasser les approches en silos . Elle prolonge l’esprit du Nouveau modèle de développement (NMD), qui recommande une action publique systémique, orientée vers les résultats et fondée sur l’évaluation des impacts.

L’eau, l’énergie et l’alimentation constituent un triptyque vital et interdépendant. «Une décision énergétique a des effets directs sur l’eau; un choix agricole impacte la sécurité alimentaire, l’usage des ressources hydriques et la demande énergétique», souligne le communiqué. Dans un contexte de pression démographique et de variabilité climatique accrue, penser ces ressources séparément «n’est plus une option».

L’approche Nexus vise précisément à «comprendre, quantifier et anticiper ces interdépendances profondes» afin d’éclairer les arbitrages publics à long terme. Il s’agit de relier les choix sectoriels à leurs conséquences macroéconomiques: croissance, emploi, pouvoir d’achat, équilibres budgétaires et territoriaux. Le périmètre dépasse la seule ingénierie technique. Il engage la trajectoire de développement.

Conçue selon une démarche qualitative et quantitative, l’étude combinera intelligence collective multi-acteurs, prospective stratégique et modélisation économique et environnementale.

L’objectif est de construire des scénarios contrastés à l’horizon 2040, d’en mesurer les impacts socio-économiques et territoriaux et d’identifier les trajectoires possibles, ainsi que les arbitrages nécessaires pour une gestion durable et résiliente des ressources.

Ce dispositif entend mettre en évidence «les synergies, tensions et choix structurants entre les politiques de l’eau, de l’énergie et de l’alimentation». À travers la modélisation, l’État cherche à objectiver les coûts d’opportunité: allocation des investissements, soutenabilité des subventions, priorisation des infrastructures et ciblage territorial.

Au-delà de la planification, l’enjeu est présenté comme fondamentalement citoyen: garantir un accès équitable à l’eau et à l’énergie, renforcer la sécurité alimentaire à des prix soutenables et accroître la résilience face aux chocs climatiques et économiques.

La question du pouvoir d’achat et des inégalités territoriales est explicitement intégrée à l’analyse.

En plaçant la gestion intégrée du Nexus EEA au cœur de la prospective nationale, le HCP ambitionne de contribuer à «une action publique plus cohérente, plus lisible et plus utile, au service d’un État stratège qui anticipe, arbitre et agit par la donnée et l’impact».

Par La Rédaction
Le 11/02/2026 à 21h21