La voiture propre peine à s’imposer malgré une offre en expansion

Une voiture électrique recharge ses batteries (photo d'illustration).

Revue de presseAlors que la mobilité verte gagne du terrain dans le monde, le Maroc reste à la traîne. Les véhicules hybrides et électriques pâtissent de leur coût élevé et du manque d’infrastructures, qui freinent encore leur adoption. Les experts appellent à des mesures fiscales plus ambitieuses et au développement urgent d’un réseau de recharge national. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 24/02/2026 à 20h57

Malgré une offre automobile de plus en plus diversifiée, tant en marques qu’en modèles, la voiture propre peine à s’imposer sur le marché marocain. «Le développement de ce segment semble dépendre de mesures incitatives plus ambitieuses et d’un maillage plus dense en bornes de recharge électrique, deux leviers jugés essentiels pour accompagner la transition vers une mobilité durable», indique le magazine Finances News Hebdo dans une analyse dédiée.

La mobilité verte s’impose progressivement comme une réalité dans de nombreux pays, mais le Maroc reste à la traîne par rapport à certains voisins. Le Royaume a pourtant engagé plusieurs initiatives visant à encourager les transports durables, qu’il s’agisse des transports en commun ou des véhicules destinés aux particuliers. Parmi ces mesures, les exonérations fiscales ciblées sur les véhicules hybrides et électriques ont permis d’infléchir la structure du parc automobile national.

La progression est notable, mais reste insuffisante face à la demande potentielle et à l’élargissement de l’offre. Les gammes disponibles se sont enrichies, notamment grâce à l’arrivée massive des constructeurs chinois sur le marché marocain. Désormais, presque tous les distributeurs automobiles incluent au moins une marque chinoise dans leur catalogue, offrant des modèles dotés de technologies embarquées avancées et proposés à des tarifs compétitifs, rivalisant avec les marques européennes ou américaines, lit-on.

Pour Youssef Idrissi, professeur universitaire spécialisé en économie industrielle, la réussite de la voiture verte dans d’autres pays repose d’abord sur une volonté politique forte. «Dans tous les pays où la voiture verte a connu une large pénétration, il y a eu avant tout des subventions à l’achat, accompagnées de dispositifs de soutien technique et financier aux constructeurs pour encourager la recherche et le développement», explique-t-il dans des déclarations à Finances News.

Au Maroc, les mesures se limitent essentiellement à l’exonération des droits de douane et à une réduction de la taxe annuelle sur les véhicules, plafonnée à 350 dirhams pour cette catégorie. Selon Idrissi, «ces dispositions restent insuffisantes pour stimuler véritablement le marché». Le prix d’acquisition des véhicules propres demeure nettement supérieur à celui des voitures thermiques, et le marché marocain reste très sensible aux coûts. L’expert propose d’envisager des mécanismes complémentaires, comme l’exonération de la TVA, qui pourrait réduire le prix d’achat de près de 20%. «Certes, c’est un manque à gagner pour les recettes de l’État, mais c’est un arbitrage judicieux qu’il faut opérer», souligne-t-il.

«L’insuffisance des infrastructures constitue également un obstacle majeur», note Finances News. Le Maroc ne dispose actuellement que d’environ 200 bornes de recharge, un chiffre largement insuffisant pour couvrir l’ensemble des axes routiers et autoroutiers. À titre de comparaison, la France compte plus de 100 000 bornes, avec un réseau en expansion constante. Pour Idrissi, «le déploiement d’un réseau adapté aux besoins nécessite la mise en place d’un cadre réglementaire contraignant, imposant un minimum d’équipements aux stations-service et aux collectivités locales».

Sans un soutien financier plus marqué et un développement accéléré des infrastructures, la voiture propre risque de rester une niche au Maroc, malgré l’intérêt croissant des consommateurs et l’offre diversifiée désormais disponible. La transition vers une mobilité verte apparaît donc comme un défi majeur pour les pouvoirs publics, mais également comme une opportunité de moderniser le secteur automobile et de participer à la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique.

Par La Rédaction
Le 24/02/2026 à 20h57