La voiture de demain selon le patron de PSA

Carlos Tavares, PDG de PSA Peugeot-Citroën.
Carlos Tavares, PDG de PSA Peugeot-Citroën. . DR

Revue de presseKiosque360. Le patron de PSA ne mâche pas ses mots pour critiquer les objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par l'Europe.

Le 04/06/2019 à 21h42

Sacré retournement! Il y a cinq ans, PSA était au bord du gouffre. Aujourd’hui, grâce aux succès des SUV de Peugeot et Citroën, il a retrouvé une forme olympique: un chiffre d’affaires en hausse de 19% en 2018, des profits de 2,8 milliards d’euros. Mieux, Opel, racheté à l’été 2017, est revenu dans le vert après vingt ans de pertes. Grand artisan de ce succès, le pilote Carlos Tavares n’entend pas lever le pied. C'est ce que constate capital.fr qui a consacré une interview au PDG de PSA.

Pour lui, ces résultats historiques placent PSA sur le podium mondial des constructeurs les plus rentables, à la deuxième place si on exclut Opel-Vauxhall. Le groupe a désormais une colonne vertébrale et trace sa route. Cette rentabilité lui permet de financer son propre avenir, qu’il s’agisse des technologies, des produits ou de la conquête de nouveaux marchés.

Carlos Tavares donne l’alerte sur les normes de réduction de CO2 imposées par l’Europe. «Les constructeurs préconisaient un objectif de réduction des émissions de 20% à l’horizon 2030. L’Europe impose 40%. A-t-elle réalisé une étude d’impact? La réponse est non. Les instances européennes avaient-elles un mandat pour prendre une décision aussi violente? Cela traduit l’absence de prise en compte de la fragilité de l’industrie automobile européenne, sur les énormes investissements qu’elle va devoir consentir. C’est un dysfonctionnement préoccupant de notre démocratie», affirme-t-il.

Il considère que la mobilité zéro émission est une obligation, pas seulement pour sauver la planète. «Si notre industrie ne le faisait pas, nous perdrions de la compétitivité face à nos concurrents asiatiques. Mais on aurait pu organiser cette mutation de façon beaucoup plus professionnelle. La ligne de fracture se trouve aujourd’hui entre les dogmatiques qui considèrent que les constructeurs autos sont tous fautifs et les pragmatiques. Le dogmatisme a pour l’instant conduit à une hausse des émissions de CO2, pas l’inverse», conclut-il.

Par Fayçal Ismaili
Le 04/06/2019 à 21h42