Jerada: l’olivier, le nouvel «or vert» qui booste l’économie de la province

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Dans la province de Jerada, une parcelle de terrain d'olivier dédiée au programme Génération green. (M.Chellay/Le360)

Le 08/03/2026 à 16h09

Vidéo1.100 hectares plantés, 600 familles bénéficiaires et une extension massive déjà programmée. Dans la province de Jerada, la culture de l’olivier s’impose comme le nouveau levier de stabilité économique. Porté par la Direction provinciale de l’agriculture (DPA), ce projet solidaire mise sur une mécanisation de pointe et un encadrement rigoureux pour transformer des terres longtemps sous-exploitées en un pôle de production ultra-performant.

Dans la province de Jerada, une petite révolution verte est en marche. Portée par la stratégie nationale «Génération Green», la région connaît une dynamique sans précédent autour de la culture de l’olivier. Ce projet ambitieux s’inscrit dans une démarche de solidarité visant à transformer le quotidien des petits agriculteurs, à stabiliser l’économie locale et à valoriser des terres longtemps sous-exploitées.

Le succès actuel de l’oléiculture à Jerada n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une adaptation rigoureuse au terrain. Comme l’explique Larbi Berraki, président de la coopérative Génération green intégrée, à Ghenfouda, le chemin a été fait de tests et d’enseignements.

«Nous avons fait des essais préalables, notamment avec l’amandier. Malheureusement, l’environnement ne nous a pas donné de bons résultats et nous avons senti que c’était une perte de temps. Aujourd’hui, l’olivier s’impose: la terre, le sol et le climat sont excellents pour cette culture.»

Cette adéquation parfaite entre la plante et son milieu se traduit par des chiffres exceptionnels. Alors que dans d’autres régions les rendements sont variables, l’olivier de Jerada affiche une teneur en huile impressionnante, atteignant 23 litres par quintal.

Sur le terrain, la Direction provinciale de l’agriculture (DPA) de Jerada déploie des moyens considérables pour accompagner cette transition. Son directeur, Abderrahmane Anaflous, précise que l’objectif est d’intégrer pleinement les petits fellahs dans cette nouvelle dynamique: «Nous exécutons un projet important dans le cadre de l’agriculture solidaire. L’un de ses objectifs majeurs est le développement de la filière de l’olive et le renforcement de l’intégration des petits agriculteurs dans la dynamique locale.»

À ce jour, le bilan est déjà concret: 1.100 hectares ont été plantés dans les communes de Tiouli, Laaouinate et Ghenfouda, profitant à près de 600 familles. Et l’élan s’accélère. Pour l’année 2026, une extension de 600 hectares supplémentaires est déjà programmée, portant la superficie totale à terme à environ 1.800 hectares.

Pour garantir le succès de ce chantier, la DPA et les coopératives locales misent sur une approche participative et une modernisation des outils. Une coopérative de services a été créée et équipée de matériel de pointe (tracteurs, semoirs directs et citernes mobiles) pour assister les agriculteurs au quotidien.

Afin de garantir que les bénéfices profitent au plus grand nombre, l’aide est plafonnée à cinq hectares par agriculteur. Cette stratégie permet de multiplier les bénéficiaires tout en assurant un encadrement technique de proximité. Selon Larbi Berraki, ce suivi rigoureux, effectué sous le contrôle de l’ONSSA, permet d’afficher un taux de réussite des plantations situé entre 80% et 90%.

Aujourd’hui, l’engouement des fellahs de Jerada pour ce projet confirme que l’olivier est une promesse de stabilité et de prospérité pour toute la région. Un dynamisme qui devrait s’accélérer dès cette année, avec l’extension programmée de 600 hectares supplémentaires pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2026.

Par Mohammed Chellay
Le 08/03/2026 à 16h09