Guerre au Moyen-Orient: la menace d’un gasoil à 15 dirhams relance le débat sur la réouverture de la Samir

La raffinerie Samir à Mohammedia, filiale du groupe Corral Petroleum Holdings AB, à l'arrêt depuis 2015.

La flambée des tensions au Moyen-Orient relance au Maroc le débat sur la souveraineté énergétique et la nécessité de relancer l’activité du raffinage. Dans un communiqué, le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole appelle à la remise en activité de la Samir et à une révision de la politique de libéralisation des prix des carburants.

Le 06/03/2026 à 12h25

Selon l’organisation Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole, l’escalade de la guerre ouverte opposant les États-Unis et Israël à l’Iran risque d’avoir de lourdes répercussions sur les marchés internationaux de l’énergie. Les perturbations potentielles de l’approvisionnement en pétrole et en gaz pourraient se traduire par une forte hausse des prix et peser sur les économies importatrices d’énergie, dont le Maroc.

Le Front alerte notamment sur l’impact possible sur le pouvoir d’achat des ménages. Il estime que les prix des carburants pourraient continuer à augmenter dans les prochains jours, évoquant la possibilité d’un litre de gasoil atteignant environ 15 dirhams, dans un contexte où les cours du pétrole ont fortement progressé sur les marchés internationaux.

Face à ces risques, le Front insiste sur la nécessité de relancer l’activité de raffinage et de stockage au sein de la raffinerie Samir à Mohammedia, à l’arrêt depuis 2015. La remise en service de cette infrastructure nationale permettrait de renforcer la sécurité énergétique du pays et d’atténuer l’impact des fluctuations internationales sur les prix des carburants, insiste la même source.

L’organisation plaide pour l’étude de toutes les solutions possibles afin de relancer la raffinerie, notamment une reprise par l’État en compensation des dettes ou un partenariat entre secteurs public et privé. Il appelle également à clarifier les responsabilités concernant la gestion du stock stratégique national de produits pétroliers.

Au-delà du cas de la Samir, le Front appelle les autorités à élever le niveau de vigilance face aux conséquences économiques de la guerre et à engager un débat national sur l’avenir de la politique énergétique. Dans ce cadre, il propose l’organisation d’une conférence nationale sur l’énergie, destinée à discuter des moyens de renforcer la sécurité énergétique du pays dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la compétition autour des ressources énergétiques.

L’organisation réitère également sa demande de revenir sur la libéralisation des prix des carburants, mise en place en 2015, appelant à instaurer un mécanisme de régulation permettant de garantir à la fois les intérêts des opérateurs économiques et la protection des consommateurs.

Le Front met en garde contre toute tentative d’exploitation de la situation actuelle par des «marchands de crise» et appelle les autorités à prendre les mesures nécessaires pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers et gaziers.

Par La Rédaction
Le 06/03/2026 à 12h25