Exploration minière: des Canadiens manifestent leur intérêt pour de nouveaux gisements

Aya Gold & Silver - Mines - Zgounder

Des mineurs extraient de l'argent dans la mine de Zgounder, dont le permis d'exploitation est détenu par la compagnie canadienne Aya Gold & Silver.

Revue de presseL’intérêt affiché par l’entreprise canadienne Trigon Metals pour l’exploration de nouveaux gisements au Maroc confirme l’attractivité croissante du Royaume dans le secteur minier. Porté par un potentiel géologique encore largement sous-exploré, un cadre réglementaire jugé favorable et une stabilité politique reconnue, le pays s’impose progressivement comme l’une des juridictions minières les plus prometteuses d’Afrique. Cet article est une revue de presse tirée du magazine Challenge.

Le 11/03/2026 à 20h10

Trigon Metals, une entreprise de droit canadien, vient d’annoncer le déblocage d’un premier budget, défini à 350.000 dollars canadiens, pour le projet Addana: l’exploration d’un potentiel gisement de diamants au Maroc. Le programme prévoit notamment la réalisation de douze forages, totalisant environ 2.100 mètres de profondeur, ce qui permettra d’évaluer le potentiel de cette zone, annonce Challenge. L’intérêt manifesté par Trigon Metals pour l’identification de nouveaux gisements de diamants dans le pays témoigne d’un regain d’attention des investisseurs internationaux pour le sous-sol du Maroc, ce qui confirme sa réputation de «destination stratégique pour l’exploration minière en Afrique», écrit le magazine.

En effet, malgré sa longue tradition minière, avant tout portée par l’extraction de phosphates, une grande partie du potentiel géologique du pays reste encore peu exploré. De nombreuses zones du territoire pourraient donc receler des gisements importants encore inconnus, une perspective qui suscite un intérêt croissant de compagnies minières internationales. Dans un contexte marqué par une demande mondiale en métaux stratégiques en augmentation, et par une recomposition des chaînes d’approvisionnement industrielles, le Maroc apparaît comme «une juridiction stable, dotée d’un cadre réglementaire relativement clair et d’un potentiel géologique encore largement sous-exploré», décrit Challenge.

Cette attractivité repose en grande partie sur la diversité et l’importance des ressources minières du pays. Bien que l’économie extractive au Maroc s’est historiquement construite autour des phosphates, son sous-sol recèle également de nombreux autres métaux: argent, cuivre, cobalt, zinc, plomb ou encore manganèse. Dans ces ressources, l’argent occupe une place particulière, le Maroc figurant parmi les producteurs significatifs du continent, grâce à plusieurs gisements historiques qui alimentent aujourd’hui encore l’industrie minière nationale.

Des projets emblématiques illustrent la vitalité de l’extraction des filières d’argent. La mine de Zgounder, exploitée dans la région de Souss-Massa par la société Aya Gold & Silver, est aujourd’hui l’un des projets argentifères les plus dynamiques d’Afrique. L’extension récente de ses capacités de production et l’amélioration des infrastructures minières ont contribué à renforcer la position du Royaume sur le marché international de l’argent. D’autres acteurs, à l’image du groupe marocain Managem, participent aussi à la consolidation de cette activité.

Cette dynamique d’exploration est également soutenue par l’image relativement favorable dont bénéficie le Maroc auprès des investisseurs. Selon le dernier rapport du Fraser Institute, référence mondiale en matière d’évaluation de l’attractivité des juridictions minières, le Royaume figure parmi les destinations africaines les plus prometteuses pour l’exploration et l’investissement. Le pays a récemment progressé dans ce classement, et gagné plusieurs points pour atteindre un score de 78,97 et se hisser à la quinzième place (sur 68 pays évalués).

Cette progression résulte à la fois d’une amélioration du potentiel minier perçu et d’une hausse de l’indice de perception des politiques publiques. Les investisseurs potentiels soulignent notamment «la stabilité politique du pays, la qualité de ses infrastructures et la relative clarté de son cadre réglementaire», bien que certaines préoccupations persistent, dont celles concernant «la qualité et la disponibilité des bases de données géologiques, le fonctionnement du système juridique et les incertitudes liées à l’application de certaines réglementations», précise le magazine. Le cadre réglementaire est en effet l’un des éléments-clés de l’attractivité minière du Maroc. Ces dix dernières années, les autorités ont engagé plusieurs réformes visant à moderniser le code minier, à faciliter l’accès aux permis d’exploration et à renforcer la sécurité juridique des investisseurs. Dans un environnement parfois marqué, en Afrique, par une instabilité politique ou des changements fréquents de législation, cette prévisibilité est «un avantage compétitif non négligeable».

Au-delà des enjeux d’exploration, le développement du secteur minier s’inscrit également dans une stratégie plus large de diversification économique, indique Challenge, selon lequel l’élargissement du portefeuille de ressources de l’industrie extractive du pays, longtemps dominée par les phosphates, «permettrait d’accroître sa contribution à la croissance nationale». Les métaux précieux et les métaux industriels représentent à cet égard un levier important, notamment dans le contexte de la transition énergétique et de l’essor des technologies vertes, qui stimulent la demande mondiale pour des filières telles que le cuivre, le cobalt ou l’argent.

Pour le Maroc, l’enjeu consiste donc à attirer des investisseurs à même d’injecter des capitaux et des compétences à même de financer l’exploration et le développement de nouveaux gisements, tout en veillant à une exploitation durable et à une meilleure valorisation des ressources. Chaque nouvelle découverte potentielle pourrait ainsi se traduire par la création d’emplois, l’augmentation des exportations et par une croissance de l’écosystème industriel des activités minières, ce qui permettrait de consolider le rôle du Royaume dans la cartographie mondiale des ressources stratégiques.

Par La Rédaction
Le 11/03/2026 à 20h10