Depuis quelques jours, les réseaux sociaux regorgent de témoignages évoquant des stations-service temporairement à sec. Contactée par Le360, la Fédération nationale des propriétaires, commerçants et gérants de stations-service a confirmé l’existence de perturbations, sans toutefois pouvoir en préciser les causes ni l’ampleur exacte (nombre de stations concernées, etc.).
Pour davantage d’informations, la Fédération nous a renvoyés vers le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), qui n’a malheureusement pas souhaité commenter la situation malgré plusieurs sollicitations. Aucune communication n’a non plus été émise par le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.
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Selon nos informations, ces tensions seraient principalement liées à des perturbations dans l’arrivée des cargaisons de carburants. Plusieurs navires ont vu leurs opérations retardées en raison de conditions météorologiques défavorables. La forte houle et les vents violents ont contraint certains ports à réduire, voire suspendre temporairement leurs activités, affectant particulièrement les trois principaux points d’entrée de carburants au Maroc: Mohammedia, Tanger Med et Jorf Lasfar.
Pour pallier ces perturbations, les distributeurs ont puisé davantage dans leurs stocks de sécurité afin d’éviter une rupture généralisée. Néanmoins, dans certaines zones, ce décalage entre arrivages et distribution a provoqué des pénuries ponctuelles, généralement limitées dans le temps, mais suffisamment visibles pour susciter inquiétude et réclamations parmi les automobilistes.
La situation est jugée préoccupante, au point que le Parlement s’est saisi du dossier. La députée Fatima Tamni, membre de la Fédération de la gauche démocratique, a adressé une question écrite à la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable. Dans son texte, elle exprime son inquiétude face au manque de carburants dans certaines stations et demande à la ministre de préciser l’état réel des stocks de gasoil, d’essence et de butane, ainsi que les mesures envisagées pour résoudre cette situation.

Le gouvernement s’est longtemps prononcé ces dernières années sur les capacités théoriques de stockage du pays, à ne pas confondre avec les volumes effectivement disponibles (capacités remplies). La réglementation impose pourtant un minimum de sécurité de 60 jours pour le gasoil et l’essence. «Si les distributeurs importent des cargaisons tous les quinze jours, où sont passés les 60 jours de stocks avancés par le ministère de tutelle?» s’interroge El Houssine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz. Seuls le ministère et le GPM sont en mesure de répondre à cette question et d’apaiser l’inquiétude des consommateurs.




