Déchets ménagers: le tri sélectif fait son entrée

Plusieurs agents triant des déchets ménagers sur un tapis convoyeur.

Des agents triant des déchets ménagers sur un tapis convoyeur. . DR

Revue de presseFace aux enjeux environnementaux croissants, le gouvernement et les collectivités territoriales s’engagent dans une transformation profonde de la gestion des déchets ménagers. Du renforcement des infrastructures à la mise en place du tri sélectif à la source, cette stratégie vise à réduire les impacts sur l’environnement tout en adoptant des pratiques durables. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 25/02/2026 à 21h40

La modernisation des infrastructures consacrées à la gestion des déchets solides constitue aujourd’hui un enjeu central pour les pouvoirs publics. «Si l’État apporte un soutien stratégique et technique, la responsabilité directe de la création et de la gestion des équipements nécessaires incombe aux collectivités territoriales, conformément à la loi organique régissant les communes», écrit le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 26 février. Ces dernières doivent ainsi assurer la mise en place de services de proximité destinés à la collecte et au traitement des déchets ménagers et assimilés, ainsi qu’à la gestion des décharges. Ce rôle implique non seulement la planification et la construction d’installations adaptées, mais aussi la supervision de leur fonctionnement afin de garantir un service efficace et respectueux de l’environnement.

Dans ce contexte, le gouvernement a mis en place un accompagnement structuré pour soutenir les communes. Le ministère de la Transition énergétique, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur, a élaboré le programme national des déchets ménagers pour la période 2008-2022. Ce programme a permis de réaliser des avancées notables, parmi lesquelles l’augmentation du taux de collecte professionnelle des déchets dans les centres urbains, atteignant 96%. Parallèlement, 29 décharges contrôlées et centres d’enfouissement et de valorisation ont été construits, contribuant à renforcer l’efficacité de la gestion des déchets et à limiter la prolifération des dépôts sauvages.

«Toutefois, l’évaluation de ce programme a mis en évidence certaines limites, notamment celles liées au modèle basé sur l’enfouissement sans tri préalable», note L’Economiste. La collecte et l’enfouissement des déchets en l’état posent aujourd’hui des problèmes environnementaux majeurs. La production de lixiviats, susceptibles de contaminer les nappes phréatiques, ainsi que le gaspillage de matières potentiellement recyclables, représentent des défis importants. La ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a souligné au Parlement que «ces constats rendent indispensable l’adoption d’une approche plus durable et intégrée de la gestion des déchets».

Cette nouvelle vision repose sur plusieurs principes clés. Le tri sélectif à la source constitue l’élément central de cette démarche, associé à une approche globale couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, souligne le quotidien. De la collecte à la valorisation, en passant par le recyclage et l’élimination écologique des déchets, chaque étape est repensée pour réduire l’impact environnemental et optimiser l’utilisation des ressources.

L’approche prend également en compte les spécificités territoriales, notamment pour les communes rurales ou celles dont la production annuelle de déchets ménagers reste inférieure à 50.000 tonnes. L’objectif est de concevoir des modèles adaptés aux capacités financières et humaines de chaque collectivité, tout en garantissant la mise en œuvre d’un système efficace et durable.

Le partenariat entre l’État et les communes se renforce dans ce cadre. Pour la réhabilitation et la fermeture des décharges, un comité de pilotage est chargé d’identifier et de planifier les opérations à réaliser dans chaque région. L’élaboration de programmes de tri sélectif à la source fait également partie des priorités, dans la limite des moyens disponibles.

La commune d’Erfoud, par exemple, réalise actuellement une étude de faisabilité pour mettre en place un tel système. Le ministère de la Transition énergétique travaille parallèlement à un cadre partenarial permettant d’accompagner toutes les collectivités souhaitant adopter ce modèle, afin d’accélérer la transition vers une gestion durable des déchets et de réduire leurs effets négatifs sur l’environnement et la population.

La mise en œuvre de ces projets implique la participation financière et technique des ministères de l’Intérieur et des Finances, ainsi que des régions, pour la construction de centres d’enfouissement et de valorisation. Le ministère de la Transition énergétique finance quant à lui la réhabilitation et la fermeture des décharges sauvages et soutient les communes dans la mise en place de systèmes de collecte sélective. La convention signée en marge des Assises nationales de la régionalisation avancée, à Tanger, prévoit un financement global de 27,6 milliards de dirhams pour la réalisation de 51 centres d’enfouissement et de valorisation et la réhabilitation d’environ 270 décharges sauvages d’ici 2034.

«Cette stratégie s’inscrit dans une perspective d’économie circulaire», explique L’Economiste. Elle inclut l’adoption d’un nouveau cadre législatif intégrant le tri sélectif, le recyclage, la valorisation et la responsabilité élargie des producteurs. Une convention-cadre entre l’État et les régions prévoit le financement et la réalisation des infrastructures nécessaires, ainsi que le déploiement de projets de tri à la source et la fermeture progressive des décharges non conformes.

Cette approche vise à transformer profondément la gestion des déchets, en la rendant plus durable, efficiente et respectueuse de l’environnement, tout en offrant aux collectivités les moyens de répondre efficacement aux besoins de leurs populations.

Par La Rédaction
Le 25/02/2026 à 21h40