Cybersécurité: Maroc Telecom veut renforcer la résilience nationale

La cybersécurité doit être considérée comme un facteur de création de valeur plutôt que comme une dépense contrainte, souligne Nour El Ansari, chief business officer chez Maroc Telecom. (K.Essalak/Le360).

Le 15/10/2026 à 10h06

VidéoMaroc Telecom renforce son positionnement dans la cybersécurité à travers ses solutions de communications critiques, son cloud souverain et ses services de cybersécurité managée. Lors de l’Africa Cybersecurity Forum 2026 à Rabat, Nour El Ansari, chief business officer de l’opérateur, a mis en avant ces dispositifs et plaidé pour des partenariats public-privé afin d’élargir la protection aux entreprises et de renforcer la résilience numérique du Maroc.

Pour Maroc Telecom, la cybersécurité ne peut plus se limiter à la protection des infrastructures et des services les plus critiques. Face à la progression des menaces informatiques, l’opérateur estime que la coopération entre l’État et les acteurs privés doit permettre d’élargir le périmètre de protection à l’ensemble du tissu économique.

C’est l’un des principaux enseignements du panel consacré aux «Partenariats public-privé – co-innover pour une résilience économique partagée», organisé lors de la troisième et dernière journée de l’Africa Cybersecurity Forum 2026 qui s’est tenu du 12 au 14 octobre à Rabat.

Les échanges ont porté sur les mécanismes de coopération, le partage d’informations et la mise en place d’alliances durables pour anticiper les menaces et renforcer la compétitivité des entreprises.

Intervenant à ce sujet, Nour El Ansari, chief business officer chez Maroc Telecom, a rappelé que l’opérateur entend assumer pleinement son rôle dans la protection des infrastructures numériques nationales. «Maroc Telecom aujourd’hui s’engage pleinement dans son rôle national», a-t-il souligné, en mettant en avant la relation de l’opérateur avec l’État, considéré comme l’un de ses principaux partenaires.

L’opérateur fournit déjà différents services liés à la cybersécurité et à la résilience numérique au Maroc. Nour El Ansari a notamment cité les communications critiques, reposant sur des liens dédiés et une infrastructure spécifique destinée aux clients dont les besoins en matière de disponibilité et de sécurité sont les plus élevés.

Le cloud souverain figure également parmi les offres développées par Maroc Telecom. Selon son chief business officer, ce service évolue en fonction des besoins des clients les plus critiques, notamment en matière de choix des technologies et de sécurisation des données. L’objectif est de leur proposer des solutions cloud à la fois sécurisées, innovantes et agiles.

Autre volet mis en avant, la cybersécurité managée, qui englobe notamment les centres opérationnels de sécurité (SOC) et les activités de supervision. Ces prestations sont proposées, entre autres, par Casanet, filiale de Maroc Telecom dont Nour El Ansari est également chairman.

Cette entité ambitionne de soutenir le gouvernement et les acteurs les plus sensibles du pays dans leurs enjeux de cybersécurité. Pour l’opérateur, ces différentes offres constituent une base sur laquelle peuvent s’appuyer des mécanismes de coopération plus larges entre les secteurs public et privé.

Étendre la protection aux PME et aux TPE

Le principal défi reste toutefois l’élargissement de cette protection au-delà des grandes infrastructures. Nour El Ansari a insisté sur l’accélération des menaces informatiques, dont la portée s’étend aussi bien à la surface d’attaque qu’à la profondeur des systèmes concernés, notamment à travers les chaînes d’approvisionnement.

Les petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que les très petites entreprises (TPE), constituent à cet égard un point de vulnérabilité. «Nous avons des PME qui sont toujours fragiles et c’est là que les problèmes commencent», a-t-il relevé.

Dans ce contexte, les partenariats public-privé (PPP) pourraient permettre de compléter l’action des pouvoirs publics. Selon la vision défendue par Maroc Telecom, l’État conserverait son rôle de définition des règles et de protection des services les plus critiques, tandis que la coopération avec les opérateurs privés permettrait d’étendre les dispositifs de cybersécurité à un nombre plus important d’entreprises.

«Un PPP avec un opérateur comme le nôtre sur un secteur comme la cybersécurité permettrait au Maroc de devenir plus résilient», a affirmé Nour El Ansari. Une telle approche viserait à mieux protéger les entreprises, y compris celles qui disposent de moyens plus limités pour investir dans la sécurisation de leurs systèmes d’information.

Au-delà de la seule réduction des risques, l’enjeu est aussi économique. Le responsable de Maroc Telecom estime que la cybersécurité doit être considérée comme un facteur de création de valeur plutôt que comme une dépense contrainte. Cette évolution lui paraît d’autant plus nécessaire que les menaces progressent rapidement, notamment sous l’effet de l’intelligence artificielle.

La dimension africaine a également occupé une place importante pour l’opérateur. Maroc Telecom est présent au Maroc ainsi que dans dix pays d’Afrique de l’Ouest, une implantation qui confère à l’opérateur une portée continentale dans le développement des services numériques, souligne Nour El Ansari.

Faire du Maroc un hub régional

Le groupe entend ainsi contribuer à faire du Maroc un hub régional de cybersécurité. Cette ambition repose, selon son représentant, sur la capacité à réunir les compétences et les financements nécessaires pour protéger les infrastructures numériques nationales, mais aussi à accompagner les besoins des pays de la région.

«Nous avons aussi un engagement pour faire du Maroc un hub régional de cybersécurité», a-t-il déclaré, en évoquant la nécessité de disposer d’une densité suffisante de talents et de capitaux.

À travers les partenariats public-privé, Maroc Telecom défend donc une approche qui associe protection des infrastructures critiques, accompagnement des entreprises et développement d’une expertise régionale. Dans un environnement numérique où les risques s’étendent aux chaînes d’approvisionnement et aux acteurs les moins bien protégés, la coopération entre l’État et les opérateurs privés apparaît, dans cette perspective, comme un moyen d’élargir la résilience à l’ensemble de l’économie.

Par Lahcen Oudoud et Khalil Essalak
Le 15/10/2026 à 10h06