Casablanca: fin de la gratuité, bientôt une facturation au tonnage pour les grands producteurs de déchets

Le siège du Conseil de la ville de Casablanca.

La commune de Casablanca s’apprête à opérer un changement majeur dans la gestion des déchets urbains, en mettant fin à la prise en charge systématique des grands producteurs de déchets par les services municipaux.

Le 04/02/2026 à 12h21

Pour Moulay Ahmed Afilal, vice-président de la commune de Casablanca, la situation actuelle n’est plus tenable. «Il est inadmissible que la commune continue à assurer la collecte des déchets de certains grands producteurs (hôtels, restaurants, grandes surfaces) au même titre que les ménages», affirme-t-il.

Selon lui, plusieurs abus ont été constatés sur le terrain. À Aïn Diab, un restaurant mobilise à lui seul un camion à benne de la commune quatre à cinq fois par jour, une situation jugée «totalement inadmissible».

Pour mettre fin à ces dérives, la commune prévoit de mobiliser des camions spécifiques, exclusivement dédiés aux grands producteurs de déchets. Ces véhicules seront équipés d’instruments de pesage embarqués, permettant de mesurer précisément les volumes collectés.

L’objectif est clair: instaurer une facturation au tonnage, un dispositif déjà en vigueur dans d’autres villes. «À Marrakech, les grands producteurs paient déjà pour la collecte de leurs déchets», rappelle Moulay Ahmed Afilal, ajoutant que cette pratique est largement répandue à l’échelle internationale.

Toute entité qui déposera ses déchets dans les bacs réservés aux citoyens s’exposera à des sanctions, insiste le vice-président de la commune.

Cette réforme sera intégrée dans le nouveau cahier des charges de la gestion déléguée de la collecte des déchets, actuellement en cours de finalisation. Le document a déjà fait l’objet de plusieurs réunions au sein du Conseil de la ville, suivies d’une tournée associant gouverneurs, présidents d’arrondissements et représentants de la société civile.

«Nous allons bientôt réunir le comité de suivi du secteur de la propreté pour trancher et déterminer ce qui doit être maintenu, amélioré ou ajouté au futur cahier des charges», explique Afilal.

Les contrats actuels liant la ville à Averda et Arma arrivent à échéance en mars 2026, la commune entend finaliser rapidement ce nouveau cadre afin de lancer un nouvel appel d’offres. Une étude réalisée par le bureau d’études Novec sert de base à cette refonte et a notamment nourri les concertations menées sur le terrain. Cette réforme vise à rééquilibrer les charges, améliorer la qualité du service et responsabiliser les acteurs économiques dans la gestion des déchets à Casablanca, note Afilal.

Une session extraordinaire du Conseil communal se tiendra prochainement pour valider le nouveau cahier des charges, marquant une étape décisive avant le lancement de l’appel d’offres.

Depuis mars 2020, le service de propreté de Casablanca est assuré par Averda et Arma, deux entreprises sélectionnées à l’issue d’un appel d’offres international. Arma opère dans les préfectures de Casablanca-Anfa, Aïn Sebaâ–Hay Mohammadi et Sidi Bernoussi, tandis qu’Averda gère les zones de Hay Hassani, Moulay Rachid et Ben M’sick. Ces contrats de six ans, d’un montant global d’environ 1,3 milliard de dirhams par an, ont permis d’améliorer la collecte et le transport des déchets, mais des limites subsistent, notamment sur la fréquence du balayage manuel et le lavage des bacs.

Les consultations menées à ce jour ont mis en évidence plusieurs doléances, dont la principale concerne le balayage manuel, actuellement effectué trois fois par semaine. Le futur cahier des charges prévoit de porter cette fréquence à sept jours sur sept, sans pour autant augmenter le budget global. «Même si cet effort pourrait faire passer le coût du service à 1,6 milliard de dirhams, nous tenons à maintenir le budget actuel de 1,3 milliard», affirme Afilal.

Autre point clé, le lavage régulier des bacs, qui devrait désormais s’effectuer une à deux fois par semaine, contre une fois par quinzaine aujourd’hui.

Par Wadie El Mouden
Le 04/02/2026 à 12h21