Budget: le Maroc débourse 1,6 milliard de dirhams chaque mois pour amortir les effets de la guerre

Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et ministre délégué auprès du ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget.

Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget.. Le360

Le gouvernement fait face à une pression budgétaire accrue en raison des répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie. À l’issue du Conseil de gouvernement tenu ce jeudi 2 avril, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a détaillé lors d’un point de presse l’ampleur de l’effort financier consenti par l’État pour contenir l’impact de cette crise sur le pouvoir d’achat des citoyens et l’activité économique.

Le 02/04/2026 à 13h08

Selon le ministre, les mesures de soutien déployées représentent un coût global d’au moins 1,6 milliard de dirhams par mois pour les finances publiques. Cet effort s’articule autour de trois principaux axes: le gaz butane, l’électricité et le transport professionnel.

S’agissant du gaz butane, l’État prend désormais en charge 78 dirhams par bonbonne de 12 kilogrammes, contre 30 dirhams auparavant, soit un effort supplémentaire de 48 dirhams par unité. Cette mesure vise à maintenir inchangé le prix de vente pour les ménages. Elle engendre à elle seule une charge mensuelle estimée à 600 millions de dirhams.

Concernant l’électricité, le gouvernement a décidé de geler les tarifs pour l’ensemble des usages (ménages, entreprises) malgré la hausse significative des coûts des intrants nécessaires à sa production, notamment le gaz naturel, le charbon et le fuel. Cette décision s’inscrit dans une volonté de préserver la compétitivité économique et le pouvoir d’achat. Ce maintien des prix représente un effort budgétaire supplémentaire estimé à 400 millions de dirhams par mois.

Le troisième volet concerne le soutien aux transporteurs. Tirant les enseignements du dispositif déployé entre mars 2022 et février 2024, qui avait mobilisé près de 7 milliards de dirhams, le gouvernement introduit un nouveau mécanisme, jugé plus ciblé. Le versement de la première tranche d’aide a débuté ce jeudi 2 avril et couvre la période du 15 mars au 15 avril.

Désormais, l’aide est fixée à environ 3 dirhams par litre de gasoil consommé. Contrairement à l’ancien système, critiqué pour son manque de ciblage - reposant notamment sur le tonnage plutôt que sur l’activité réelle - le nouveau dispositif intègre des critères plus stricts via une plateforme dédiée. Seuls les transporteurs répondant à ces conditions pourront en bénéficier. Cette réforme vise à limiter les effets d’aubaine observés par le passé, certains opérateurs ayant pu percevoir des subventions sans maintenir leur activité. Le coût mensuel de ce dispositif est estimé à 648 millions de dirhams.

Au total, l’addition de ces différentes mesures porte donc la facture mensuelle à au moins 1,6 milliard de dirhams pour le budget de l’État.

Pour financer cet effort, Fouzi Lekjaa a assuré que le gouvernement mobilisera «toutes les marges de manœuvre budgétaires» disponibles. Autrement dit, à ce stade, le recours à une Loi de finances rectificative ou à une rallonge budgétaire n’est pas envisagé.

Par Wadie El Mouden
Le 02/04/2026 à 13h08