Alors que le conflit au Moyen-Orient continue de déstabiliser les marchés régionaux et de faire chuter les prévisions de croissance pour la zone MENAAP, évaluées à 1,8% en 2026, le Maroc semble suivre une trajectoire distincte. Le pays devrait enregistrer un produit intérieur brut de 4,2% l’année prochaine, consolidant ainsi sa résilience économique tout en poursuivant des réformes structurelles majeures, relate le quotidien L’Économiste de ce vendredi 10 avril.
Le Royaume place également ses espoirs de croissance dans le développement des industries culturelles et créatives, considérées comme un nouveau moteur de son économie. Une analyse des derniers rapports de la Banque mondiale et de la Société financière internationale montre un pays en pleine transformation, confronté aux effets d’un contexte géopolitique instable mais déterminé à tirer parti de son capital immatériel pour stimuler un développement durable.
Le Maroc maintient son rythme de croissance grâce à plusieurs facteurs clés, malgré les pressions inflationnistes importées et le ralentissement de la demande européenne. La reprise agricole, la dynamique exportatrice et une politique industrielle ciblée ont permis au pays de limiter l’impact des turbulences régionales. L’inflation, estimée à 2,4% en 2026 contre 0,8% en 2025, reste contenue, et le secteur automobile, qui a vu sa production croître en moyenne de 14% par an entre 2012 et 2024, illustre l’efficacité des politiques industrielles coordonnées entre le secteur public et le secteur privé. Ces éléments offrent au Royaume une marge de manœuvre pour accélérer ses transformations structurelles et renforcer sa compétitivité.
Parallèlement, le Programme de réforme sanitaire, financé par la Banque mondiale, progresse de manière «modérément satisfaisante». Des avancées concrètes ont été réalisées, avec la mise en place du groupement sanitaire territorial pilote, la réhabilitation des soins primaires et le fonctionnement des comités de pilotage, a-t-on pu lire dans L’Économiste. À ce jour, 31,3% du prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement ont été décaissés. Toutefois, des obstacles persistent, notamment le retard dans la mise en service de la Haute Autorité de Santé, qui limite la gouvernance de la qualité et l’évaluation des prestataires. La révision en cours du mécanisme de traitement des réclamations vise à renforcer la confiance des usagers. Ces défis soulignent la complexité des réformes structurelles, malgré un engagement politique visible, illustré par l’augmentation du budget santé pour 2026 et la continuité des décaissements.
Les industries culturelles et créatives représentent un autre levier important pour l’économie marocaine. En 2023, elles ont généré près de 43 milliards de dirhams de revenus, soit une hausse de 18% par rapport à l’année précédente, et ont créé plus de 116 000 emplois, surpassant les secteurs de la santé et des services financiers. Elles ont contribué à hauteur de 2,4% du PIB en 2022 et favorisent l’inclusion, avec 34% de femmes employées. Ce dynamisme s’explique notamment par la mode, le tourisme culturel et les métiers d’art, dont la croissance respective a atteint 46% et 31%. Néanmoins, le financement demeure un obstacle, les industries culturelles et créatives ayant reçu moins de 0,5% du crédit total aux entreprises en 2021.
À l’approche de la Coupe du monde FIFA 2030, la Société financière internationale recommande la mise en place d’une stratégie nationale spécifique, de mécanismes de financement liés à la propriété intellectuelle et le renforcement des hubs créatifs afin de transformer ce potentiel en moteur de développement durable. Cette étude a été conduite en collaboration avec le Haut-Commissariat au Plan, l’Office marocain de la micro, petite et moyenne entreprise, Tamwilcom, la Confédération générale des entreprises du Maroc et BearingPoint/FIAS, avec le soutien de la Fédération des industries culturelles et créatives et de l’International Finance Corporation.




