Validées par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international le 20 mars, les consultations au titre de l’article IV confirment la solidité du cadre macroéconomique marocain. Portée par l’agriculture et l’investissement, la croissance a atteint 4,4% en 2026, sur fond d’inflation maîtrisée à 0,8% et de déficit budgétaire réduit à 3,5 % du PIB.
En prolongement, la stabilité des prix constitue un élément structurant, l’inflation moyenne s’établissant à 0,8%, ce qui a permis à Bank Al-Maghrib de maintenir une orientation monétaire neutre après les baisses de taux précédentes.
À ce stade, les équilibres budgétaires témoignent d’une amélioration tangible, le déficit global ayant été ramené à 3,5% du PIB, un niveau inférieur aux prévisions, malgré un effort accru en matière d’investissement public et de transferts aux entreprises publiques.
En continuité, les comptes extérieurs traduisent une dynamique plus contrastée, avec un déficit du compte courant porté à 2,1% du PIB, sous l’effet d’une hausse des importations liée à l’investissement. La progression des recettes touristiques a toutefois permis d’en atténuer l’ampleur.
Cette évolution s’inscrit dans un cadre macroéconomique jugé robuste par l’institution internationale, qui souligne le maintien de fondamentaux solides et de cadres institutionnels crédibles. Ainsi, un éclairage complémentaire ressort de l’examen à mi-parcours de la Ligne de crédit flexible, approuvée en avril 2025, le FMI confirmant que le Maroc continue de satisfaire aux critères d’éligibilité à cet instrument de précaution.
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Prolongeant cette lecture, la dynamique économique repose sur plusieurs leviers internes clairement identifiés. Ainsi, l’agriculture, la construction et le tourisme ont constitué les principaux moteurs de l’activité en 2025, contribuant à soutenir la croissance globale.
Par ailleurs, l’intensification des investissements en infrastructures, combinant dépenses publiques et participation accrue du secteur privé, s’impose comme un facteur déterminant de la trajectoire économique à moyen terme, une distinction apparaît néanmoins entre cette dynamique d’investissement et la persistance d’un chômage élevé, identifié comme un défi structurel majeur par le FMI.
Des risques extérieurs plus marqués
Dans le même temps, les perspectives économiques demeurent exposées à un environnement international incertain. Le conflit au Moyen-Orient pèse sur les équilibres à court terme, à travers la volatilité des prix des matières premières et un affaiblissement de la demande mondiale.
Les projections du FMI intègrent ces contraintes, avec une croissance attendue à 4,4% en 2026 et 4,5% en 2027, avant une stabilisation autour de 4 % à moyen terme, sous réserve d’une normalisation agricole et de la poursuite de l’effort d’investissement.
Ce positionnement reflète également des vulnérabilités liées aux chaînes d’approvisionnement mondiales et au ralentissement potentiel de la zone euro.
À mesure que ces dynamiques se déploient, plusieurs variables macroéconomiques appellent une vigilance accrue. L’inflation devrait connaître une remontée temporaire, tirée par la hausse des prix de l’énergie, avant de se stabiliser autour de 2% à moyen terme.
Toutefois, le déficit du compte courant devrait, pour sa part, se creuser modérément, en raison du contenu élevé en importations des investissements en infrastructures et du renchérissement des matières premières.
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Les finances publiques quant à elles restent orientées vers une consolidation progressive, avec des déficits compatibles avec une réduction du ratio dette/PIB à 60,5% à l’horizon 2031, selon le FMI. D’un autre côté, les marges de manœuvre budgétaires et financières disponibles constituent un levier d’ajustement en cas de dégradation de l’environnement économique, permettant d’absorber d’éventuels chocs externes.
Cependant, une ligne d’équilibre se dessine ainsi entre soutien à la croissance, soutenabilité budgétaire et renforcement du capital humain.
À court terme, la dynamique économique devrait rester soutenue, tout en dépendant étroitement de l’évolution de l’environnement international et de l’efficacité des politiques publiques.
L’évaluation du FMI conclut ainsi à une économie marocaine résiliente, adossée à des fondamentaux solides, mais confrontée à des arbitrages déterminants pour consolider sa trajectoire de croissance.







