Les mythiques Nass El Ghiwane ont retrouvé la scène casablancaise samedi 26 septembre, au Théâtre de l’Hermitage. Les 600 places de ce nouvel équipement culturel affichaient complet pour accueillir le groupe, dont le répertoire traverse depuis plus d’un demi-siècle les générations et occupe une place à part dans la mémoire musicale marocaine.
Ouvert officiellement en mai dernier, le Théâtre de l’Hermitage jouxte le siège de la Direction régionale de la Culture de Casablanca-Settat. Porté par Casa Aménagement pour un investissement de 50 millions de dirhams, ce nouvel équipement, également désigné comme Centre régional de la musique et de l’art chorégraphique, entend se positionner comme l’une des nouvelles scènes culturelles de la métropole.
Son ouverture, le 15 mai dernier, a notamment été marquée par le Festival marocain de la musique andalouse, avec une programmation faisant dialoguer grandes voix et formations de ce patrimoine musical. L’Orchestre andalou de Rabat, dirigé par Mohamed Amine Debbi, s’y est notamment produit aux côtés de Haj Mohamed Bajeddoub et de Bahaa Ronda.
Une scène pensée pour plusieurs disciplines
Encore dans sa phase de lancement, la programmation est provisoirement assurée par la Direction régionale de la Culture, dans l’attente de la mise en place d’une direction dédiée. Théâtre, concerts et manifestations culturelles se succèdent déjà sur cette nouvelle scène. Les associations culturelles peuvent, sous certaines conditions, bénéficier gratuitement de l’espace pour leurs manifestations, tandis que sa mise à disposition dans le cadre d’événements portés par des opérateurs privés est payante.
La polyvalence du lieu se traduit également dans ses équipements scéniques. Le théâtre dispose d’une régie numérique et d’un système de sonorisation professionnel adapté aux différentes configurations, du concert à la représentation théâtrale en passant par les conférences. L’éclairage scénique repose notamment sur un parc de projecteurs LED.
Mais l’Hermitage ne se destine pas uniquement au spectacle vivant. La scène est également équipée d’un dispositif de projection cinématographique, ouvrant la salle au septième art.
Le cinéma appelé à entrer dans la programmation
Cette dimension s’inscrit dans une politique culturelle plus large engagée par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication pour redéployer l’offre cinématographique sur le territoire. Le programme prévoit la mise en service de 150 salles de cinéma au sein de centres culturels répartis dans les douze régions du Royaume.
Une première tranche de 50 salles a été lancée en mars 2024 à Tamesna, donnant le coup d’envoi à ce maillage national. Le dispositif cible notamment les petites et moyennes villes où les salles obscures ont disparu ou restent peu nombreuses, avec l’ambition de rapprocher le cinéma des publics et d’offrir de nouveaux débouchés aux productions nationales.
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Le programme repose sur une convention tripartite associant le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le ministère de l’Économie et des Finances et le Centre cinématographique marocain (CCM). Ces salles sont pensées comme des équipements culturels polyvalents, susceptibles d’accueillir aussi bien des projections que du théâtre, des concerts et d’autres manifestations artistiques.
Cette politique de reconquête des salles s’accompagne d’un soutien à la modernisation du parc cinématographique. En avril 2025, une Commission de soutien à la numérisation, à la modernisation et à la création de salles de cinéma a ainsi été installée. Présidée par Mohamed Khouna, elle réunit des professionnels du secteur et des représentants institutionnels.
Au Théâtre de l’Hermitage, les projections régulières devraient débuter prochainement. Quelques mois après son ouverture, le lieu commence ainsi à dessiner son identité: celle d’un espace pluridisciplinaire où spectacle vivant, musique et cinéma sont appelés à cohabiter.




