La deuxième édition du festival «Taza, Mémoire et arts vivants» démarre ce jeudi 15 octobre au Grand théâtre de 500 places de la ville. Porté par l’Association du Grand Taza pour le Développement, connue sous le sigle AGTD, s’inscrit dans une vision globale de valorisation territoriale.
Fondée en 2016, l’association œuvre sans relâche pour redonner à la province la place qui lui revient, en capitalisant sur ses richesses naturelles et son patrimoine immatériel. «Terre de carrefours, Taza se distingue par son identité plurielle, agissant comme un véritable pont culturel entre l’Oriental et l’intérieur du pays, à travers des zones linguistiques et tribales riches telles que les Ghiata, les Tsoul, les Branes ou les Aït Warain», souligne l’archéologue Aboulkacem Chebri, membre du bureau de l’AGTD.
L’infrastructure culturelle de demain: le projet du Grand Musée de Taza
Au-delà de l’effervescence festive, l’ambition de l’AGTD est structurelle. Elle repose sur la conviction que le développement passe par l’investissement dans des infrastructures durables. Aboulkacem Chebri insiste sur le déficit que l’association entend combler : «Nous avons une philosophie de développement de l’infrastructure culturelle, à travers d’abord une chaîne de musées. Parce qu’au-delà de Fès, il n’y a pas de musée à Taza. Le musée, c’est le temple de la civilisation locale, à l’échelle nationale comme à l’échelle régionale.»
Ce projet phare, baptisé Musée du Grand Taza, ambitionne de mettre en valeur le patrimoine naturel inédit de la région, notamment le Parc national de Tazekka, ainsi que son histoire matérielle et immatérielle. Résolument ancré dans la modernité, il fera appel aux technologies de pointe.
Un pas concret a d’ailleurs été franchi pour donner corps à cette vision. «En principe, il y a une promesse, le terrain est là. Plus de 2000 mètres carrés ont été réservés en coordination avec les autorités et le conseil. Ce sont des conventions, mais l’accord de principe est là», confie Aboulkacem Chebri.
Une programmation foisonnante entre mémoire et avenir
Fidèle à sa volonté de relier le glorieux passé de la cité, capitale provisoire des Almohades, berceau des Mérinides et lieu de la première allégeance, à son avenir, le festival propose une programmation riche répartie entre le Grand Théâtre de Taza dans la Médina, le Conservatoire de musique de Taza et la place du 20 Août.
Le festival s’ouvre d’abord résolument sur l’avenir avec le Hackathon «Taza Innovation Challenge: l’intelligence artificielle au service du développement régional», qui valorise les compétences de la jeunesse de la ville dans les sciences exactes et le numérique.
Les traditions équestres reprennent ensuite vie à l’espace Jnan El Berdaï, où des spectacles de Tbourida, évalués par un jury de la SOREC, côtoient les prestations des troupes folkloriques locales des Ghiata, des Tsoul et des Branes.
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Cette deuxième édition met par ailleurs à l’honneur la Côte d’Ivoire, en présence de son Ambassadeur, ainsi que la région Béni Mellal-Khénifra, pour des plateaux de fusion artistique uniques. S’y ajoutent une foire de l’artisanat organisée avec la Chambre Régionale de l’Artisanat et le Taza Fashion Show de la Maroc Fashion Week. Le patrimoine musical El Hait, propre à Taza et sa région sera également mis en valeur.
Le volet intellectuel s’articule autour de deux grands rendez-vous. Le premier est la conférence «Taza… l’expérience qui prolonge le match», consacrée à la Coupe du Monde 2030 et animée par l’icône olympique Nawal El Moutawakel et Abdelmalek El Hebil. Le second est une table ronde de haut niveau sur le modèle de développement durable, qui réunira la SMIT, l’Agence de l’Oriental, le CRI Fès-Meknès, la CGEM, l’ASMAEX et des représentants des Géoparcs UNESCO, dont celui du M’Goun.
Un espace de dialogue littéraire accueillera aussi des figures de renom telles que Kebir Mustafa Ammi, Nadia Bernoussi, Khalid Benassmane, Noureddine Bousfiha et Mostafa Hassani Idrissi.
Hommages
Le festival saluera la mémoire de personnalités éminentes de la nation et de la région, comme le grand économiste Aziz Belal et le professeur Abdelmajid Belmahi, et célébrera Nawal El Moutawakel. Il se distingue également par sa dimension sociale, avec des dons de livres et l’installation de panneaux solaires pour Dar Talib et Dar Taliba.




