L’artiste Abdelhadi Belkhayat, décédé vendredi 30 janvier à l’âge de 86 ans, a été inhumé ce samedi au cimetière Chouhada de Casablanca. Une poignée d’artistes du théâtre, de la chanson et du cinéma a fait le déplacement.
Le chanteur Hatim Idar, la voix brisée par l’émotion, a confié avoir perdu l’un des piliers de la chanson marocaine qui restera une référence incontournable pour la scène artistique.
Le compositeur Moulay Ahmed Alaoui a, lui aussi, peiné à contenir son émotion en évoquant les qualités humaines du défunt. Il parle d’un homme profondément respecté, proche des gens, dont la popularité s’est encore exprimée dans la foule venue l’accompagner. Pour lui, la scène artistique perd bien plus qu’un chanteur, elle perd une présence rassurante et un repère essentiel.
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Né en 1940 à Fès, Abdelhadi Belkhayat incarnait une école, un style et une exigence artistique rare. Chanteur à la voix chaude et puissante, il laisse derrière lui une œuvre qui a profondément marqué le patrimoine culturel national. Mounfarija, Ya Bent Nass, Ya Dak L’insane ou Ya Mahboubi font aujourd’hui partie des classiques intemporels de la chanson marocaine.
Arrivé très jeune à Casablanca dans une famille modeste, il grandit entre l’école et le travail, sans jamais s’éloigner de la musique. Sa passion s’impose tôt comme une évidence. Repéré à ses débuts par Abdennabi El Jerari, il s’impose dès les années 1960 comme une voix à part, reconnaissable immédiatement, capable de toucher un public large et fidèle.
Ses collaborations avec de grands compositeurs et poètes donnent naissance à un répertoire devenu une référence. Ses chansons parlent d’amour, de vie quotidienne, de foi et d’espoir et accompagnent depuis des décennies les moments forts de la vie de nombreux Marocains. Sa voix s’est installée dans les foyers, dans les souvenirs et dans la mémoire collective. Malgré des opportunités à l’étranger, il choisit de rester attaché à son pays et de construire sa carrière au Maroc.








