Considéré comme l’une des figures les plus importantes de la recherche artistique au Maroc, Ahmed Aïdoun a contribué de manière significative à la réflexion sur la musique et la culture via ses nombreuses publications. Dans cet entretien avec Le360, il évoque le rôle de l’art dans la société et pointe du doigt les failles du système éducatif artistique national.
Pour Aïdoun, l’art ne se limite pas à une simple pratique culturelle: il contribue à la formation du goût et à l’éveil de la capacité de compréhension chez le spectateur, soulignant que l’exposition aux arts permet aussi d’acquérir des compétences qui nourrissent le sens esthétique.
Le chercheur regrette que, au Maroc, la recherche artistique repose encore sur des initiatives individuelles plutôt que sur un cadre institutionnel solide. «La recherche scientifique relève de l’institution; les travaux isolés ne sont souvent que des tentatives de valorisation de ressources déjà présentes dans les structures officielles», souligne-t-il.
Pour Aïdoun, le véritable enjeu est d’orienter la recherche vers l’innovation et la construction d’une histoire artistique marocaine solide. Il met en avant l’importance de produire une mémoire artistique nationale, surtout face aux changements conceptuels et à l’ampleur du patrimoine symbolique marocain. Selon lui, cet héritage artistique est ce qui garantit la légitimité historique de la civilisation marocaine.
L’enseignement artistique: trop centralisé et peu développé
Ahmed Aïdoun critique également la centralisation des instituts et écoles d’art au Maroc. Il estime que le système institutionnel n’a pas encore réussi à créer des branches régionales rattachées aux centres principaux, ce qui empêcherait une diversification des parcours éducatifs et une meilleure diffusion de l’art.
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Pour Ahmed Aïdoun, l’enjeu réside dans la généralisation de l’enseignement artistique comme levier de développement des compétences. Intégré plus largement aux cursus scolaires, l’art devient un vecteur majeur d’épanouissement, capable de consolider les acquis et d’affiner les aptitudes des élèves.
Son œuvre se fait ainsi l’écho du concept de droit à l’art, érigeant la pratique artistique en pilier fondamental de l’apprentissage. Selon cette vision, l’art offre à l’apprenant des approches pédagogiques renouvelées, l’invitant à explorer de nouvelles méthodes pour mieux appréhender et comprendre le monde qui l’entoure.








