Le cinéaste Hicham Lasri donne rendez-vous au public à partir de ce mercredi 8 avril 2026, date de sortie nationale de son nouveau long-métrage, «Thank You Satan».
Déjà au cœur de vifs débats sur les réseaux sociaux, le film interpelle autant par son titre audacieux que par la présence d’une tête d’affiche internationale, Julie Gayet, compagne de François Hollande. Séduite par la densité de son personnage, la comédienne apporte une dimension singulière à cette œuvre qui explore, avec acuité, les tensions entre foi, liberté individuelle et dérives idéologiques.
Pour Hicham Lasri, le titre ne doit en aucun cas être pris au premier degré. Il s’agit, explique-t-il, d’un hommage satirique à une chanson de Léo Ferré, inscrit dans une démarche artistique cohérente.
Ce projet est le fruit d’un long processus de maturation, étalé sur une décennie, durant laquelle le cinéaste a retravaillé son scénario à travers une quarantaine de versions. S’écartant de ses constructions narratives habituelles, il s’est lancé le défi d’un cinéma plus linéaire, proche du roman noir, nourri par une réflexion approfondie sur les mécanismes de l’intégrisme. Il évoque notamment des figures comme Khomeini ou Salman Rushdie.
«Chaque film est pour moi un prototype», confie-t-il, soulignant avoir attendu de se sentir intellectuellement prêt avant de porter cette histoire à l’écran. Une exigence qui ne l’a pas empêché de rester prolifique, avec quatre longs métrages réalisés entre-temps.
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L’intrigue s’articule autour d’un paradoxe saisissant: comment un individu étranger et non musulman en vient-il à être contraint d’exécuter une fatwa, au point de s’interroger sur sa propre conversion pour y parvenir?
Pour porter cette trajectoire complexe, Hicham Lasri s’appuie sur un casting de premier plan, réunissant notamment Julie Gayet et l’actrice marocaine Nadia Kounda, qui livre ici une interprétation particulièrement exigeante.
À la croisée du drame et de l’humour noir, le film se veut à la fois le reflet de la violence du monde contemporain et une critique de l’instrumentalisation des idéologies, à rebours des rumeurs évoquant de possibles plaintes pour offense aux symboles religieux.




