Moussa Masrour, professeur retraité de paléontologie et de biostratigraphie, alerte de nouveau sur les menaces qui pèsent sur le site des traces de dinosaures d’Anza. Reconnu à l’échelle nationale et continentale pour sa valeur scientifique et patrimoniale, il subit quotidiennement l’érosion et l’abrasion causées par les vagues et les conditions climatiques. Mais selon lui, l’intervention humaine aggrave considérablement la situation.
Le site a été découvert en 2014. Très rapidement, une étude scientifique approfondie est engagée pour en mesurer la portée. Des relevés sont effectués, des analyses menées et les résultats publiés dans quatre articles qui confirment l’importance du gisement, nous explique Moussa Masrour.
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«Nous avons déjà alerté à plusieurs reprises sur les menaces qui pèsent sur ce site, exposé en permanence à l’érosion marine. La situation est aggravée par des amas de pierres déposés le long du littoral. Déplacés par les vagues, ils frottent contre les dalles et effacent progressivement ces empreintes», fait-il savoir.
Le site des traces de dinosaures d’Anza est menacé.
Des études scientifiques ont d’ailleurs montré que certaines traces de dinosaures représentent, à ce jour, les seules découvertes de ce type sur le continent africain. «Si cette situation se poursuit, le site risque de disparaître, entraînant la perte d’un patrimoine géologique rare et irremplaçable ainsi que d’un potentiel scientifique et touristique considérable, qui pourrait constituer un véritable levier de développement local», regrette-t-il.
C’est pourquoi le chercheur appelle à des mesures urgentes et concrètes. Alors qu’une deuxième tranche de réaménagement de la plage d’Anza est prévue, il compte rencontrer les responsables concernés afin que la dimension scientifique du site soit pleinement prise en compte. «Nous espérons que des mesures seront adoptées, notamment l’enlèvement des déblais et des pierres qui menacent directement les dalles fossilifères», insiste-t-il.
Sécuriser, aménager et faciliter l’accès
En plus de l’enlèvement des blocs, Moussa Masrour plaide pour un plan global de préservation. Celui-ci passerait par la sécurisation de la zone, un aménagement plus adapté et un accès facilité.
Des moulages de plusieurs traces ont déjà été réalisés et sont exposés dans le musée d’Anza. D’autres pourraient être effectués pour conserver une reproduction fidèle des empreintes les plus menacées.
Dans certains pays, notamment aux États-Unis, des dalles fragiles ont même été déplacées vers des musées afin d’être protégées de l’érosion, tout en laissant une partie des traces visibles sur place. Ceci permettra de préserver durablement les éléments les plus vulnérables, de garantir leur étude par les chercheurs et d’assurer leur transmission aux générations futures, sans priver le site de son intérêt pédagogique et touristique, conclut notre interlocuteur.












