Vidéo. Coronavirus. Des tests rapides désormais effectués au CHU Ibn Rochd: voici comment ça marche

Le360

Dans son protocole de diagnostic des cas positifs au Covid-19, le Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd de Casablanca s’appuie également sur des tests sanguins dont le résultat est rapidement connu. Voici quand, et comment, cette technique peut être utilisée.

Le 20/04/2020 à 13h14

Désormais doté d’une unité dédiée au dépistage et à l'analyse des cas de coronavirus, le Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd de Casablanca dispose également d’un service de sérologie pour analyser la présence du coronavirus sur des prélèvements de sang, soit un lboratoire qui permet d’effectuer des tests rapides, avec des résultats disponibles en un laps de temps de 15 minutes.

Cette technique, explique le professeur Maha Soussi Abdellaoui, chef du service de parasitologie, qui abrite cette cellule dédiée aux analyses sur des prélèvements de sang, consiste à rechercher deux types d’anti-corps du coronavirus (IGG et IGM). S'ils sont détectés, ils permettent alors de savoir que le patient concerné est porteur du coronavirus SARS-CoV-2. Toutefois, cette méthode ne se substitue cependant pas au protocole de dépistage moléculaire classique (celui des kits PCR), mais est utilisée dans deux cas distincts.

Le premier cas est relatif aux situations d’urgence, qui ne permettent pas d’attendre les résultats PCR (dont le laps de temps nécessaire pour le résultat de l'analyse effectuée nécessite entre 3 et 5 heures).

«Une fois les anticorps détectés, on conclut que la personne testée est positive au coronavirus. Elle est immédiatement transférée en hospitalisation et en isolement pour prise en charge et traitement, en attendant que le test PCR nous confirme le premier diagnostic», explique le professeur Maha Soussi Abdellaoui.

Le second cas concerne les personnes confirmées comme atteintes du virus et se trouvant sous traitement médical.

«Le test sanguin rapide permet de suivre l’évolution des anticorps et donc de savoir si le patient répond positivement au traitement et s’il est en rémission», indique cette professeur de biologie et chef du service de parasitologie du CHU Ibn Rochd.

Le professeur Maha Soussi Abdallaoui tient tout de même à mettre en garde quant au fait que «même quand les anticorps ont pu être détectés par ces analyses ne sont pas relevés», cela ne signifie pas pour autant que la personne testée n'est pas contaminée par le coronavirus.

«Il faut entre 3 et 7 jours à partir de la contamination pour que ces anticorps apparaissent», précise-t-elle.

Cette technique est donc un outil de support. De cinq échantillons par jour au départ, la cellule de sérologie en reçoit actuellement entre 20 et 30.

«Fonctionnant 24h/24, nous sommes aujourd’hui en capacité de d’analyser jusqu’à 300 prélèvements par jour», indique le professeur Maha Soussi Abdallaoui. 

Par Fatima El Karzabi et Saad Aouidy
Le 20/04/2020 à 13h14