Vente de diplômes: lourdes peines de prison pour les prévenus de l’université Ibn Zohr d’Agadir

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Revue de presseLa justice de Marrakech a tranché dans une affaire qui a ébranlé l’université Ibn Zohr d’Agadir. Plusieurs peines de prison ferme ont été prononcées contre des accusés impliqués dans un système présumé de vente de diplômes de master, mettant en lumière de graves dérives au sein de l’enseignement supérieur. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 03/04/2026 à 18h54

La chambre criminelle de première instance chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Marrakech a rendu, vendredi, des jugements de prison à l’encontre des personnes poursuivies dans l’affaire dite d’Ahmed Qilch, professeur d’enseignement supérieur à la faculté de droit relevant de l’université Ibn Zohr à Agadir, impliquées dans un scandale de trafic de diplômes de master.

Dans un compte-rendu publié par le quotidien Al Akhbar dans son édition du week-end du 4 et 5 avril, on apprend que le tribunal a condamné Ahmed Qilch ainsi que le notaire Lahcen Zarkdi, tous deux en détention préventive, à quatre années de prison ferme assorties d’une amende de 237.000 dirhams chacun. L’épouse du professeur, identifiée par les initiales «H.H.», avocate stagiaire au barreau d’Agadir, a écopé de deux ans de prison ferme et d’une amende de 187.000 dirhams. Dans le même dossier, le chef de greffe d’un tribunal à Safi, poursuivi lui aussi dans cette affaire, a été condamné à un an de prison ferme et à une amende de 40.000 dirhams. Son fils, avocat stagiaire, a quant à lui été condamné à huit mois de prison ferme et à une amende de 10.000 dirhams. En revanche, un professeur universitaire, proche d’Ahmed Qilch et également poursuivi dans cette affaire, a été acquitté.

L’instruction avait retenu des chefs d’accusation liés à la corruption et à l’exploitation supposée d’influence à l’encontre du principal accusé. Le second prévenu était poursuivi pour complicité de corruption, tandis que les autres accusés faisaient face à des accusations de participation à des faits de corruption et d’exploitation d’influence présumée, lit-on dans Al Akhbar.

Cette affaire, qui a profondément secoué l’université, remonte à mai 2025. À cette période, les services de sécurité avaient arrêté le professeur Qilch sur ordre du juge d’instruction près la Cour d’appel de Marrakech, dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de corruption liés à la manipulation des inscriptions en cycle de master et à l’octroi de diplômes universitaires en échange d’argent ou d’interventions d’influence.

À l’issue de l’enquête préliminaire, le juge d’instruction avait décidé de placer le professeur en détention provisoire à la prison locale d’Oudaya, tout en poursuivant plusieurs autres personnes en liberté surveillée. Parmi elles figuraient son épouse, le chef de greffe d’un tribunal de Safi, le fils de ce dernier ainsi que plusieurs avocats. Des mesures restrictives avaient été prises à leur encontre, notamment la confiscation de leurs passeports et l’interdiction de quitter le territoire.

Les premières ramifications de ce scandale remontent toutefois à l’été 2021, lors de l’arrestation d’un notaire impliqué dans une affaire de détournement de dépôts pour des montants estimés à plusieurs milliards de centimes. Au cours de son interrogatoire, ce dernier avait reconnu avoir obtenu un diplôme de master auprès du professeur Qilch en échange de 250.000 dirhams, sans avoir assisté aux cours ni passé le concours d’accès. Ces révélations ont ouvert la voie à une enquête approfondie.

Par La Rédaction
Le 03/04/2026 à 18h54