La Chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tanger a rendu, mercredi dernier, un jugement à l’encontre du créateur de contenu connu sur TikTok sous le nom d’Adam Benchekroun. La juridiction l’a condamné à trois années de prison ferme, assorties d’une interdiction d’exercer toute activité sur les réseaux sociaux pendant une durée de dix ans, indique le quotidien Al Akhbar de ce vendredi 2 janvier.
Adam Benchekroun était poursuivi sur la base de plusieurs chefs d’accusation, notamment l’atteinte publique à la pudeur, l’injure et la diffamation à l’encontre d’une femme, l’incitation à la commission d’un délit, ainsi que l’enregistrement et la diffusion d’images d’une personne sans son consentement. L’audience a été marquée par des échanges tendus entre la défense de la partie civile et le ministère public, d’une part, et les avocats de la défense, d’autre part, dans un dossier qui a suscité un large débat en raison de la nature des contenus numériques concernés et des accusations liées à la morale publique et à l’usage des plateformes de réseaux sociaux.
L’affaire trouve son origine dans un incident survenu dans un complexe résidentiel du quartier Dar Tounsi, au centre de la ville de Tanger, où Adam Benchekroun et sa mère résident. À la suite d’une altercation violente les opposant à plusieurs voisins, les autorités judiciaires avaient ordonné leur placement en garde à vue dans le cadre de l’enquête préliminaire, rappelle Al Akhbar. Cette décision est intervenue après la diffusion massive, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo montrant des scènes de violences verbales et physiques entre les parties concernées, provoquant une forte réaction de l’opinion publique et entraînant une intervention rapide des services de sécurité.
Par ailleurs, la justice devrait également se prononcer dans les prochaines semaines sur le cas de la mère de Benchekroun, elle aussi active sur la plateforme TikTok. Les poursuites engagées évoquent notamment des accusations liées à la diffusion de contenus jugés inappropriés, susceptibles de constituer un mauvais exemple pour les enfants, ainsi qu’à la promotion de comportements considérés comme contraires aux valeurs sociales, à la protection des mineurs et à la morale publique. Ces contenus, largement relayés via les téléphones portables, font l’objet de critiques croissantes en raison de leur accessibilité auprès d’un jeune public, a-t-on lu.
Plusieurs associations de défense des droits ont, de leur côté, saisi le parquet compétent par le biais de plaintes formelles. Elles estiment que certains contenus diffusés comportaient des allusions ou des messages inadaptés à une tranche d’âge particulièrement vulnérable, ce qui justifierait, selon elles, l’ouverture d’une enquête judiciaire sur le respect, par les créateurs de contenu, des dispositions légales encadrant la diffusion numérique et la protection de l’enfance.
Sur la base de ces éléments, le parquet de Tanger a décidé de charger la police judiciaire de mener une enquête approfondie portant sur la nature des contenus incriminés, leurs modalités de diffusion et leur conformité avec les textes de loi relatifs à la protection des mineurs et à la préservation de l’ordre moral et public.








