Tanger: un lac naturel sacrifié pour des projets immobiliers à Mghogha?

Une zone humide dans un quartier périphérique de Tanger.

Revue de presseÀ Tanger, le quartier de Mghogha est en émoi suite au remblaiement d’un lac naturel classé. Ce projet suscite une vive contestation des riverains et des acteurs locaux, qui redoutent de graves déséquilibres hydrologiques et une augmentation des risques d’inondation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 27/02/2026 à 19h38

Depuis plusieurs jours, le quartier Mghogha, à Tanger, est le théâtre d’une vaste opération de remblaiement visant à faire disparaître un petit plan d’eau naturel. Ces travaux, d’une ampleur inédite sur ce site, ont immédiatement déclenché une vague de mécontentement et de vives condamnations de la part des résidents et des associations locales.

La controverse puise sa source dans la nature même du lieu, rapporte le quotidien Al Akhbar de ce week-end (28 février et 1er mars). Classé parmi les zones humides dites «El Morj», ce site capte les eaux de pluie, formant un petit lac saisonnier qui participe activement à la régulation des eaux et à la prévention des inondations dans les quartiers avoisinants. Des sources concordantes indiquent que la nature du sol, à la fois humide et instable, le rend fondamentalement inadapté à toute construction résidentielle ou commerciale.

De nombreux observateurs mettent en garde contre les conséquences désastreuses de cet enfouissement sur l’équilibre hydrologique local. Selon plusieurs informations, l’opération de remblayage serait liée à un projet d’aménagement immobilier, dans le but de construire des bâtiments sur cette parcelle. Les riverains expriment leur vive inquiétude. Ils craignent que la disparition de ce bassin naturel ne modifie le cours des eaux en période de fortes précipitations, aggravant ainsi les risques d’inondations et de glissements de terrain. Cette préoccupation est d’autant plus légitime que la zone de Mghogha reçoit d’importantes quantités d’eaux pluviales drainées depuis les hauts plateaux adjacents.

Dans ce climat de défiance, les habitants renouvellent leur demande pressante d’ouverture d’une enquête administrative et technique. L’objectif est double: comprendre les tenants et les aboutissants de l’autorisation accordée pour un éventuel projet sur ce site, et s’assurer de la réalisation d’études géotechniques et hydrologiques approfondies et préalables à tout début de travaux.

Les acteurs sociaux et les résidents appellent également à la publication des données relatives à la nature exacte du projet et à l’identité du promoteur bénéficiaire. Cette exigence de transparence vise à garantir le respect du principe de reddition des comptes et à établir clairement les responsabilités.

Enfin, des observateurs avertis des arcanes de l’urbanisme tangérois rappellent que la protection des zones humides et des bassins de collecte des eaux dépasse largement le simple cadre écologique, note Al Akhbar. Selon eux, elle est intrinsèquement liée à la sécurité des populations et à la durabilité du tissu urbain. Une vigilance d’autant plus cruciale que le Royaume est de plus en plus exposé aux aléas du changement climatique, caractérisés par des précipitations soudaines et d’une intensité rare.

Par Hassan Benadad
Le 27/02/2026 à 19h38