Tanger: l’édifice de l’ancien consulat de France devient le nouveau siège de l’Institut français

Le nouvel institut français de Tanger, inauguré le 31 janvier 2026. (S.Kadry/Le360)

Le 01/02/2026 à 20h02

VidéoÀ Tanger, le nouvel Institut français du Maroc a officiellement ouvert ses portes, hier samedi 31 janvier, dans les bâtiments historiques de l’ancien Consulat général de France. En présence de l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, et de plusieurs acteurs culturels et institutionnels, cette inauguration marque une nouvelle étape dans le renforcement du dialogue culturel franco-marocain et dans la redéfinition du rôle de ce lieu emblématique, désormais ouvert sur la ville et ses habitants.

Au cœur de la place de France, symbole vivant de l’histoire tangéroise, l’ancien Consulat général de France a changé de visage. Ce bâtiment centenaire, longtemps perçu comme un espace institutionnel fermé, entame désormais une seconde vie en devenant le nouveau siège de l’Institut français à Tanger. Un tournant fort, à la fois architectural, culturel et symbolique, qui inscrit ce lieu patrimonial dans le présent et l’avenir de la ville.

«Ici à Tanger, nous donnons un exemple très concret avec la transformation d’un bâtiment vieux de cent ans, autrefois consulat de France, un lieu assez fermé et officiel, en un nouvel Institut français dont la seule raison d’être est d’accueillir les Tangéroises, les Tangérois, les Marocaines et les Marocains», déclare Christophe Lecourtier, ambassadeur de France au pays.

«Désormais, ce lieu permettra de découvrir la culture française, mais aussi d’organiser des spectacles avec des artistes marocains, plasticiens ou musiciens. Là où la porte était fermée et un peu verrouillée, elle s’ouvre aujourd’hui sur la ville, sur la population, pour écrire ensemble le 21ème siècle et montrer un visage de la France fait de sourire, d’amitié et de fraternité», insiste-t-il.

Pour l’ambassadeur, ce projet prend tout son sens à Tanger, ville de brassage et de circulation des idées. Une cité qu’il décrit comme l’incarnation d’un Maroc moderne, dynamique et tourné à la fois vers l’Europe, l’Afrique et l’océan Atlantique. Il rappelle également que cette inauguration s’inscrit dans le cadre du renouvellement de la coopération entre le Maroc et la France, impulsé par le roi Mohammed VI et le président de la République française, avec pour ambition de donner corps à cette relation à travers des projets concrets et visibles, au service direct des citoyens.

De son côté, la consule générale de France à Tanger et directrice déléguée de l’Institut français de la ville, Stéphanie Bottibon, n’a pas caché son émotion à l’idée d’accueillir enfin le public dans ce lieu chargé d’histoire. «Nous sommes très heureux d’ouvrir ce bâtiment au public, tout en ayant veillé à préserver son caractère patrimonial», déclare-t-elle.

Elle précise que le site a fait l’objet d’une rénovation complète, le rendant désormais entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. «Le jardin sera ouvert à tous, non seulement pour la promenade, mais aussi pour accueillir des expositions et des concerts», ajoute-t-elle.

Le nouvel Institut français de Tanger se veut un véritable lieu de vie culturelle. Il abrite notamment un espace «Campus France», dédié à l’orientation et à l’accompagnement des jeunes Marocains souhaitant poursuivre leurs études en France, ainsi qu’une médiathèque moderne et des espaces pensés pour les rencontres littéraires, musicales et artistiques. Un projet conçu pour encourager la transmission, la création et le dialogue entre les cultures.

Pour Agnès Humruzian, directrice générale de l’Institut français du Maroc, cette inauguration revêt une importance particulière pour l’ensemble du réseau. «L’Institut français du Maroc est un réseau en mouvement, attaché à se moderniser, à se renouveler et à rester en phase avec les évolutions des territoires et des publics», affirme-t-elle. «À Tanger, nous nous installons dans un site d’exception, en résonance avec l’histoire de la ville et avec sa dynamique formidable», précise-t-elle.

Présent à la cérémonie, l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun a lui aussi salué la transformation du lieu. «J’ai visité l’Institut, il est magnifique, très lumineux, avec beaucoup d’espace», partage-t-il. «Je suis aussi venu par amitié pour Christophe Lecourtier, qui était présent à mon vernissage à Casablanca la semaine dernière. On se rend service mutuellement», glisse-t-il amusé.

Évoquant enfin le contexte diplomatique, Tahar Ben Jelloun se montre confiant. «Heureusement, les relations entre la France et le Maroc vont de mieux en mieux, et Christophe Lecourtier y a beaucoup contribué. Il a énormément travaillé pour que ces relations redeviennent normales et même qu’elles s’améliorent», conclut-il.

Par Said Kadry
Le 01/02/2026 à 20h02