Les autorités judiciaires de Tanger ont ouvert une enquête après avoir reçu des plaintes de la part du consulat général d’Espagne dans la ville, portant sur des irrégularités présumées dans plusieurs demandes de visas pour l’espace Schengen. Selon Al Akhbar de ce mardi 3 mars, ces plaintes comportaient des informations préliminaires révélant des anomalies dans des documents soumis par certains demandeurs de visa.
Les premières investigations ont permis de révéler des incohérences dans des pièces administratives, professionnelles et financières, notamment des contrats de travail, des fiches de paie et des relevés bancaires, qui présenteraient des données jugées peu fiables ou impossibles à vérifier selon les procédures en vigueur. Suite à ces observations, les autorités ont activé le mécanisme de notification prévu dans le cadre de la coopération institutionnelle entre le Maroc et l’Espagne.
Sur instructions du parquet, la police judiciaire de Tanger a été chargée de mener les recherches, a-t-on pu lire dans Al Akhbar. Les enquêteurs ont commencé par soumettre les documents concernés à des expertises techniques spécialisées et ont interrogé les personnes impliquées afin de déterminer l’origine des documents suspects et d’évaluer si les irrégularités relevées étaient le fait d’initiatives isolées ou liées à un réseau de fraude organisé.
Les investigations devraient s’étendre à l’ensemble des demandeurs de visa, y compris ceux désignés par le conseil municipal de Tanger, qui est l’une des institutions publiques locales faisant régulièrement des demandes de visa pour ses élus, principalement à des fins touristiques. Cette affaire rappelle un scandale antérieur survenu à Tanger, impliquant une conseillère municipale accusée de manipulations liées à des visas espagnols. Une citoyenne avait alors alerté le parquet, expliquant qu’elle avait besoin d’un contrat de travail en Espagne, suite à son retour du Qatar dans le contexte des répercussions de la pandémie de Covid-19. Elle avait déclaré, devant les autorités judiciaires, avoir reçu des promesses de la conseillère municipale et de sa sœur résidant en Italie, ainsi que d’un autre individu vivant à Tanger.
Les accords incluaient la modification de l’adresse figurant sur la carte nationale d’identité et sur le passeport de la plaignante, afin de faire apparaître qu’elle résidait chez la conseillère municipale, qui avait fourni un certificat administratif attestant du domicile partagé. Ces éléments, combinés à des enregistrements audio et des transactions financières, ont fourni des éléments de preuves décisives pour le juge d’instruction, ce qui a finalement conduit à la condamnation de la conseillère municipale à une peine de prison ferme.






