Les apports hydriques cumulés se sont élevés à 2.036 millions de m³ entre le 1er septembre et le 31 décembre 2025. Sur ce total, 1.614 millions de m³, soit 79,2%, ont été enregistrés depuis le 12 décembre.
Cette tendance s’est confirmée dans les principaux bassins hydrauliques. Le bassin du Sebou arrive en tête avec 558 millions de m³ d’apports. Il est suivi par le bassin de l’Oum Er-Rbia, qui a enregistré 325 millions de m³, puis par le bassin du Bouregreg et de la Chaouia avec 283 millions de m³ et le bassin du Loukkos avec 272 millions de m³.
L’impact de ces apports est particulièrement visible au niveau des barrages. Selon le ministère de l’Équipement et de l’Eau, le barrage Al Wahda a enregistré, depuis le 12 décembre, 321,29 millions de m³, portant son taux de remplissage à 50,70% en 2025, contre 40,60% à la même période de 2024. Le barrage Idriss Ier a, de son côté, accueilli 63,52 millions de m³, pour un taux de remplissage de 39,64%, en hausse par rapport aux 24,03% enregistrés un an auparavant.
Plusieurs ouvrages affichent des niveaux élevés, voire proches de la saturation, également portés par les volumes enregistrés entre le 12 et le 31 décembre. Le barrage Bouhouda a ainsi reçu 49,61 millions de m³ sur cette période, portant son taux de remplissage à 100%, contre 77,41% en 2024.
Le barrage Cherif El Idrissi a accueilli 36,50 millions de m³, atteignant également 100%, contre 81,17% l’année précédente. Le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah a engrangé 243,64 millions de m³, portant son taux de remplissage à 94,03%, contre 37,58% à la même période de 2024.
D’autres barrages ont connu une amélioration plus progressive sur la même période. Le barrage Oued Al Makhazine a bénéficié de 120,37 millions de m³, pour un taux de remplissage de 90,90%, contre 69,24% en 2024. Le barrage Ahmed Al Hanssali a enregistré 100,51 millions de m³, portant son taux à 27,02%, contre 2,84% un an plus tôt. Le barrage El Kansera a accumulé 37,91 millions de m³, avec un taux de 39,36%, contre 23,50% en 2024. Le barrage Allal Al Fassi a, pour sa part, capté 36,95 millions de m³, maintenant un taux élevé de 97,55%, quasi stable par rapport aux 97,48% de l’année précédente.
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La situation demeure toutefois contrastée dans certains grands ouvrages. Malgré les apports observés sur la période du 12 au 31 décembre, le barrage Al Massira ne dépasse pas 5,22% de remplissage, en légère amélioration par rapport aux 1,91% de 2024. Le barrage Bin El Ouidane a, de son côté, absorbé 45,41 millions de m³ supplémentaires, portant son taux de remplissage à 16,82%, contre 5,47% l’année précédente.
Parallèlement, le barrage Dar Khroufa a reçu 40,74 millions de m³, avec un taux de 20,31%, contre 15,38% en 2024. Le barrage Hassan Addakhil a totalisé 39,42 millions de m³, pour un taux de 69,95%, en léger recul par rapport aux 72,17% de l’an dernier. Enfin, le barrage Mohammed V a accueilli 31,85 millions de m³, portant son taux de remplissage à 34,37%, contre 12,07% en 2024.
Barrage Mohammed V. (M. Chellay/Le360)
Grâce à l’ensemble de ces apports, le volume global des ressources hydriques mobilisées s’établit actuellement à 6.583,6 millions de m³, correspondant à un taux de remplissage moyen des barrages de 39,2%. Par rapport à la même période de 2024, cela représente une hausse de 37,3%, soit une augmentation nette de 1.790,2 millions de m³.
Des barrages pleins, d’autres sous pression
Pour Amine Benjelloun, expert en ressources en eau, les données de fin 2025 mettent surtout en évidence une reprise hydrique très inégalement répartie, avec des disparités territoriales marquées entre les bassins et, surtout, entre les grands barrages structurants. Le cas du barrage Al Massira en est l’illustration. Malgré l’amélioration générale des apports, son taux de remplissage reste limité à 5,22%, un niveau extrêmement bas pour un ouvrage central dans l’irrigation des plaines de Doukkala et d’Abda.
Notre interlocuteur tient à signaler que cette situation contraste fortement avec celle des barrages du nord et du nord-ouest, dont certains affichent des niveaux proches de la saturation. Les apports importants enregistrés dans les bassins du Sebou, du Loukkos ou du Bouregreg-Chaouia ont permis une reconstitution rapide des réserves, accentuant ainsi un déséquilibre territorial déjà ancien. «On assiste à une géographie de l’eau de plus en plus polarisée, avec des régions excédentaires et d’autres durablement déficitaires», observe-t-il.
Ces écarts renforcent la nécessité d’accélérer les projets de rééquilibrage territorial, de transfert inter-bassins et d’optimisation des usages, en particulier dans les zones agricoles à forte consommation. Amine Benjelloun souligne toutefois que les réserves devraient continuer à augmenter en ce début d’année, sous l’effet des pluies enregistrées et attendues, ce qui pourrait améliorer progressivement la situation dans certains bassins encore sous tension, conclut-il.














