Oujda est à nu depuis les dernières pluies. En quelques heures seulement, des précipitations pourtant modérées ont suffi à désorganiser la circulation et à compliquer le quotidien des habitants.
Routes dégradées, flaques d’eau persistantes, nids-de-poule et chantiers laissés à l’abandon ont refait surface. Une situation qui relance, une fois de plus, la question de l’état réel des infrastructures urbaines à Oujda.
Selon Chakib Sbaibi, membre du conseil communal, ce scénario n’a rien d’exceptionnel. Ces pluies n’étaient ni abondantes ni inhabituelles, mais elles ont suffi à exposer des problèmes profonds. Il pointe notamment le mauvais état du revêtement des routes, le manque d’entretien des avaloirs et la lenteur, voire l’arrêt, de plusieurs chantiers de réhabilitation lancés depuis des mois.
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates. Les piétons peinent à se déplacer, contraints de contourner les flaques et d’éviter les trous dans la chaussée. Les personnes âgées, les enfants et les personnes à mobilité réduite sont particulièrement pénalisés. Pour les automobilistes, la situation est tout aussi compliquée. Les embouteillages se multiplient, les trajets s’allongent et les risques de pannes augmentent, notamment pour les chauffeurs de taxi, dont l’activité dépend directement de la fluidité de la circulation.
Certaines rues sont en travaux depuis longtemps, sans avancée visible, et d’autres ont été partiellement dégradées puis laissées sans remise en état. Selon Chakib cette gestion approximative des chantiers aggrave la situation dès les premières pluies et accentue la pression sur les usagers de la route.
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Au-delà des désagréments quotidiens, cette situation met en lumière un problème plus large: le manque de coordination entre les différents acteurs chargés de la gestion des infrastructures urbaines. Malgré les programmes de réhabilitation annoncés ces dernières années, les résultats tardent à se faire sentir sur le terrain. «Il y a un décalage évident entre les projets annoncés et la réalité vécue par les habitants», estime le membre du conseil communal, qui s’interroge également sur la qualité des travaux réalisés et le respect des normes techniques.
À l’approche de nouvelles perturbations météorologiques, les inquiétudes grandissent. Une aggravation des précipitations pourrait accentuer les inondations, détériorer davantage les routes et compliquer encore la circulation. Dans ce contexte, Chakib Sbaibi appelle à accélérer le rythme des travaux, à rattraper les retards accumulés et à renforcer le suivi sur le terrain. Il insiste aussi sur la nécessité de visites régulières des responsables communaux dans les différents quartiers afin d’évaluer concrètement l’ampleur des dégâts.
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Pour lui, l’enjeu dépasse la simple question des routes. L’état actuel des voiries affecte la mobilité, la sécurité et la qualité de vie des habitants, ce qui pose un problème pour les citoyens qui paient des impôts et attendent en retour des infrastructures fiables et sûres.
Les dernières pluies n’ont fait que révéler une réalité déjà connue des Oujdis. Tant que les défaillances structurelles ne seront pas traitées de manière durable, chaque épisode pluvieux continuera de mettre la ville sous pression.








