Lutte anti-drogue: plus de 4 millions de comprimés psychotropes saisis en trois ans

Des comprimés psychotropes saisis par les éléments de la préfecture de police de Kénitra, le samedi 3 février 2024.

Les autorités marocaines ont saisi, au cours des trois dernières années, plus de 4 millions de comprimés psychotropes, principalement introduits en contrebande au Maroc depuis les pays voisins, a fait savoir, lundi à Casablanca, le préfet de police, chef de l’Institut des sciences forensiques de la sûreté nationale, Taoufik Sayerh.

Le 19/01/2026 à 15h00

«La consommation et la toxicomanie sont reconnues comme un problème majeur de santé publique au Maroc, et la lutte contre le trafic de drogue est une priorité nationale», a souligné, lundi à Casablanca, le préfet de police, chef de l’Institut des sciences forensiques de la sûreté nationale, Taoufik Sayerh, dans une allocution au nom de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) à l’occasion du 5ème Symposium international des directeurs des laboratoires d’analyse médico-légale des drogues qui se tient du 19 au 23 janvier à Casablanca.

Rien qu’en 2025, plus d’1,6 million d’unités de ces comprimés ont été saisies, soit une augmentation de 10% par rapport à 2024, a-t-il précisé.

«Avec l’apparition de nouvelles substances psychoactives, la sophistication des réseaux de production, la complexité des routes de transit et le rajeunissement des usagers de la consommation, avec une tendance à la banalisation, ce trafic constitue aujourd’hui l’un des pires fléaux menaçant la santé publique, et qui a une incidence négative sur l’économie des pays, la sécurité et l’ordre public, et par conséquent, nuit au développement des pays», a-t-il développé, notant que cette situation exige une réponse non seulement ferme, mais surtout scientifiquement rigoureuse.

Convaincu de la collaboration avérée entre les trafiquants de drogue et divers acteurs non étatiques, y compris les groupes terroristes et séparatistes qui utilisent les profits générés par leurs activités illicites pour exacerber l’instabilité régionale, le Maroc poursuit une stratégie multidimensionnelle combinant la répression, la coopération internationale et une approche de santé publique pour lutter contre le trafic de stupéfiants et les drogues de synthèse, a relevé M. Sayerh.

Pour lutter efficacement contre les effets néfastes de ce problème, le Maroc a mis en place une stratégie globale et intégrée de lutte contre le trafic de drogues et de substances psychotropes, périodiquement alignée sur les résolutions adoptées par les organes des Nations unies et axée sur la réduction de l’offre, la prévention de l’abus et de la consommation de drogues et la lutte contre le trafic illicite ainsi que le renforcement de la coopération internationale, a-t-il fait remarquer.

Le chef de l’Institut des sciences forensiques de la sûreté nationale a expliqué que le Royaume a intégré, en tant que membre actif, la Coalition mondiale contre les menaces liées aux drogues de synthèse, lancée en 2023 sous l’égide des États-Unis d’Amérique, pour coordonner la riposte contre les nouveaux produits de synthèse.

Le Maroc a aussi renforcé le contrôle des flux de passagers et de marchandises, notamment via les ports et aéroports, pour contrer la contrebande de comprimés psychotropes, a-t-il poursuivi, notant que grâce à une forte mobilisation contre ces drogues, des saisies records de substances synthétiques ont été enregistrées par la DGSN en 2025 lors d’opérations ciblées.

Étant donné que l’analyse et l’identification des substances dans des laboratoires spécialisés constituent la pierre angulaire de la réponse forensique au phénomène des drogues de synthèse — puisqu’elles permettent d’établir la preuve, de détecter les tendances émergentes et d’asseoir sur une base scientifique les politiques de santé publique comme les dispositifs de sécurité — la DGSN a procédé, en 2022, à la mise à niveau de son Laboratoire national de police scientifique. Cette modernisation, conduite conformément aux standards internationaux, a notamment porté sur la rénovation des infrastructures et le déploiement d’équipements techniques et de moyens analytiques à la fine pointe de la technologie, a indiqué le préfet de police.

Certifié ISO 17025 par l’organisme américain ANAB, ce laboratoire joue aujourd’hui un rôle central dans l’analyse des drogues saisies par les forces de l’ordre et fournit des éléments d’expertise déterminants aux enquêteurs comme à l’autorité judiciaire, a-t-il ajouté.

Les travaux du 5ème Symposium international des directeurs des laboratoires d’analyse médico-légale des drogues se sont ouverts lundi à Casablanca avec la participation de 80 experts internationaux dans le domaine de la lutte contre le trafic de drogues.

Co-organisé par la DGSN et le Plan Colombo pour le développement économique et social, ce conclave, qui se poursuit jusqu’au 23 courant, vise à partager les meilleures pratiques et renforcer la collaboration sécuritaire dans le domaine de l’analyse légale de drogues, dans un contexte marqué par l’exacerbation de la menace posée par les drogues synthétiques.

Selon ses organisateurs, ce symposium comprend une série de réunions et de débats animés par des responsables et des experts issus de laboratoires criminels représentant plus de 40 pays qui aborderont les dernières tendances internationales en matière de drogues illicites, en mettant l’accent sur les dangers des drogues synthétiques et des nouveaux psychotropes, y compris les nouvelles variétés apparues dans le contexte de la propagation rapide des drogues synthétiques.

Par Le360 (avec MAP)
Le 19/01/2026 à 15h00