L’INPPLC fait de la culture un rempart contre la corruption

وسيط المملكة، محمد بنعليلو

Mohamed Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC).. DR

Revue de presseDans une démarche inédite, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) élargit son champ d’action en investissant la scène intellectuelle et artistique. À l’occasion de la présentation de l’ouvrage collectif «Fissures du sens… Écrits contre la corruption», son président, Mohamed Benalilou, a souligné la nécessité d’élever le débat au-delà des seuls dispositifs répressifs pour interroger les fondements éthiques, culturels et politiques du phénomène. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 15/02/2026 à 18h19

L’INPPLC semble vouloir prouver que la lutte contre la corruption ne se gagne pas uniquement dans l’enceinte des tribunaux ou à coups de circulaires. En choisissant de présenter l’ouvrage «Fissures du sens… Écrits contre la corruption» à l’Institut national supérieur de musique et des arts chorégraphiques de Rabat, l’Instance envoie un signal fort: c’est aussi sur le terrain de la culture et de la réflexion que se joue le combat pour la probité.

Ce choix, loin d’être un simple détail protocolaire, incarne une vision, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 16 février. Comme l’a souligné Mohamed Benalilou, président de l’INPPLC, cette initiative traduit la volonté d’une institution consciente de la complexité du phénomène et de ses profondes ramifications avec le politique, l’économique et l’éthique. «Le combat de la probité est également un combat de conscience, de goût et de sens humain élevé», a-t-il affirmé, suggérant que les valeurs se construisent et que les représentations s’élaborent d’abord dans le champ culturel avant de se cristalliser dans la loi.

Cet ouvrage collectif, qui réunit des plumes de divers horizons, marque ainsi le passage d’un discours institutionnel traditionnel, souvent arrimé aux rapports techniques et aux indicateurs chiffrés, à une approche plus prospective et interrogative. Le but en était, a précisé M. Benalilou, d’«ouvrir les portes de la réflexion sur la réalité de la corruption et de faire participer de multiples voix pour la démanteler».

Le message central porté par cette publication est clair: la corruption ne saurait être réduite à un simple dysfonctionnement administratif ou à un écart de gestion. Elle est, selon les termes du président de l’INPPLC, «un signe de dysfonctionnements plus profonds où s’entrecoupent la politique avec l’économie, l’éthique avec l’intérêt, et le pouvoir avec la connaissance». En replaçant ainsi la corruption dans son contexte structurel, l’Instance admet que son remède ne peut se contenter d’une dimension dissuasive, mais exige un débat public éclairé et continu.

Dans cette optique, «Fissures du sens…» se présente moins comme un document officiel que comme un outil pour nourrir la réflexion collective, note Al Ahdath Al Maghribia. Chaque contribution, a expliqué M. Benalilou, incarne une forme de «résistance symbolique» qui cherche à «arracher le voile» derrière lequel se dissimule la corruption. Il a insisté sur le fait que l’approche intellectuelle du phénomène fait «partie intégrante de la lutte contre elle», car elle précède et fonde les politiques publiques, leur conférant à la fois légitimité, crédibilité et durabilité. Ainsi, loin d’être une initiative isolée, cette publication s’inscrit pleinement dans la stratégie globale de l’INPPLC. Elle procède d’une vision élargie où la réforme institutionnelle ne peut se concevoir sans une refonte des savoirs et une mobilisation des consciences.

Par Hassan Benadad
Le 15/02/2026 à 18h19