Tous les articles correspondant à #parution

Chronique d’un colis inattendu: les «coups de dents», les «coups de chapeau» et les «coups de cœur» de Jean-Paul Péroncel-Hugoz
J’ouvre l’album et je découvre très vite que c’est plus qu’un cadeau: un trésor, une mine d’or. 257 articles d’une impertinence totale, écrits avec une liberté de ton incroyable, limite provocatrice, et accompagnés d’une trentaine d’illustrations photos choisies avec art (car chez Péroncel-Hugoz, on n’illustre pas par hasard, on fait couramment du deuxième et du troisième degré)
Billet littéraire KS. Ep. 89. «Sangoma le guérisseur» de Hichem Ben Azouz: de la médecine blessée à une poétique africaine de la réparation
Premier roman du médecin tunisien Hichem Ben Azouz, installé depuis dix-sept ans en Afrique du Sud, «Sangoma le guérisseur» entraîne un jeune urgentiste dans un long voyage du cap Angela au cap des Aiguilles, en Afrique du Sud. À mesure que Slim s’éloigne de Tunis, sa fuite devient une initiation: le médecin épuisé, rattrapé par la culpabilité et le doute, découvre d’autres façons de penser la maladie, le soin et la guérison. Entre médecine moderne, traditions africaines, mémoire et spiritualité, le roman interroge surtout une question: que signifie soigner lorsque la technique ne suffit plus?
Billet littéraire KS. Ep 88. «Lettre d’amour à baba» de Bochra Manaï: répondre au père pour conquérir sa propre voix
Vingt ans après avoir reçu une longue lettre de son père Ahmad, Bochra Manaï lui répond depuis une vie devenue autre. Entre Tunisie, France et Québec, l’auteure transforme l’adresse filiale en récit de formation, en archive familiale et en réflexion sur l’exil, la condition des femmes et l’héritage politique. Ni roman traditionnel ni simple tombeau littéraire, «Lettre d’amour à baba» montre qu’aimer un père, c’est aussi trouver la liberté de lui répondre.
Billet littéraire KS. Ep 87. «L’Appartement rue de Passy» de Raji Bathish, ou le prix de l’exil
Dans ce roman du palestinien Raji Bathish, deux amis qui s’aiment quittent le pays avec l’espoir que Paris leur offrira ce que leur lieu d’origine ne peut leur garantir: une vie où le désir ne serait plus clandestin et où l’identité pourrait se déployer sans entraves. Mais la capitale française se révèle moins un refuge qu’une machine à classer les corps, les fortunes et les étrangers. Entre satire sociale, poésie et mélodrame, Bathish fait de Passy le laboratoire cruel et initiatique de la liberté.
Billet littéraire KS. Ep 86. «Houaria» d’Inam Bioud, ou la décennie noire vue des bas-fonds
Inam Bioud plonge dans l’Oran des années 1990 et raconte la décennie noire depuis ceux que les grands récits historiques laissent généralement hors champ. Prostituées, voyantes, petits délinquants, étudiants, médecins et laissés-pour-compte composent une fresque chorale où la violence politique descend jusque dans les corps, les amours et les familles. Ce roman âpre donne à lire une Algérie saisie par ses marges.
Parution. «Sahara 1975» de Rahal Boubrik: l’Espagne, le retrait et la fabrique d’un conflit
Dans son dernier essai sur le Sahara occidental, Rahal Boubrik relit les derniers mois de présence espagnole comme l’aboutissement d’un long projet colonial de tutelle indirecte, en consolidant une thèse diffusée par des historiens espagnols. L’ouvrage éclaire utilement la provincialisation, le PUNS, les manœuvres diplomatiques de 1975 et l’Accord de Madrid, tout en s’inscrivant dans une historiographie qui voit dans le conflit l’héritage d’une ingénierie coloniale hispano-française.
Parution. «L’Algérie 1830-2026. Vérités et légendes» de Xavier Driencourt, ou le procès
Xavier Driencourt instruit un double procès: celui du régime algérien, dont il décrit l’architecture militaire, mémorielle et rentière; celui de la France, puissance voisine, ancienne colonisatrice et mauvaise conscience d’elle-même. Ancien ambassadeur à Alger, observateur privilégié des dernières années Bouteflika, du Hirak et de l’installation du régime Tebboune, il condense en vingt-sept questions deux siècles de face-à-face franco-algérien. Un livre de lucidité blessée, à la fois témoignage diplomatique, essai historique et intervention politique.
Parution. «Les généraux français et le Maroc: de la pacification à l’administration (1903-1955)» de Farid Bahri
Farid Bahri relit le Protectorat français à partir de ses hommes en uniforme. Lyautey, Pétain, Noguès, Juin, Guillaume et leurs lieutenants y sont convoqués comme des chefs de guerre, mais également comme des architectes de territoire, des producteurs d’ordre, des administrateurs de souveraineté diminuée. Derrière l’euphémisme colonial de la «pacification», l’essai met au jour une continuité plus dure: la conquête militaire fabrique l’administration, puis l’administration prolonge la conquête par d’autres moyens.
Billet littéraire KS. Ep 85. «Vivre à l’endroit» de Mamoun Lahbabi ou l’art de désapprendre la ville
Mamoun Lahbabi entraîne un homme ordinaire hors de sa vie réglée, jusqu’à une oasis en plein Sahara où se réapprennent l’attention, le désir et le sens des liens. Entre conte philosophique et interrogation sociale, «Vivre à l’endroit» explore ce que la ville, le travail et l’habitude défont silencieusement en nous.
Dans un nouveau livre, Xavier Driencourt déconstruit les fictions qui habitent le récit national algérien
Alors que les relations franco-algériennes peinent à se renouer, Xavier Driencourt, fervent partisan d’une posture plus ferme de la France vis-à-vis de son ancienne colonie, apporte un précieux éclairage historique sur la relation entre les deux pays. Un bond dans le passé nécessaire car aujourd’hui, en Algérie, de contre-vérités en mensonges, les faits historiques se transforment en légendes officielles.