Les retenues des barrages frôlent 10 milliards de m³, le taux de remplissage gagne 2 points en une journée

Le barrage Al Wahda. (Y.Jaoual/Le360)

Le total des réserves des barrages est passé à 9.983 millions de m³ au 30 janvier, soit 351 millions de m³ de plus en 24 heures. Le taux global s’établit désormais à 59,6%, soutenu par l’évolution d’Al Wahda. Avec 86% de niveau, des lâchers préventifs ont été enclenchés pour garantir la sécurité d’exploitation.

Le 30/01/2026 à 13h57

Entre le 29 et le 30 janvier, les réserves des barrages passent de 9.632 à 9.983 millions de m³, soit un gain de 351 millions de m³ en 24 heures. Mécaniquement, le taux de remplissage national progresse de 57,5% à 59,6%, pour une capacité globale d’environ 16.762 millions de m³.

Cette hausse est d’abord portée par les grands réservoirs, dont la variation se répercute immédiatement sur l’agrégat national. Al Wahda augmente de 2.837 à 3.039 millions de m³ et son taux de remplissage passe de 80% à 86%. La progression est également marquée à Idriss Ier, avec des réserves qui passent de 666 à 708 millions de m³, tandis que le taux de remplissage évolue de 58% à 62%.

Bin El Ouidane progresse de 476 à 499 millions de m³, avec un taux de 39% à 41%. Dar Khrofa passe de 238 à 260 millions de m³, son taux évoluant de 49% à 54%. Ahmed El Hansali augmente de 424 à 436 millions de m³, et son taux de 63% à 65%. Hassan II monte de 95 à 100 millions de m³, avec un taux de 24% à 25%. À l’inverse, El Mansour Eddahbi reste stable à 150 millions de m³, pour un taux inchangé à 33%.

Oued El Makhazine demeure à 672 millions de m³ et 100%, tandis que Sidi Med Ben Abdellah recule légèrement de 958 à 953 millions de m³, son taux passant de 98% à 97%, variation limitée à ce niveau de remplissage. Al Massira progresse en volume de 373 à 384 millions de m³, mais son taux reste à 14%, ce qui souligne un niveau de remplissage encore faible au regard de sa capacité.

Évolution des retenues des barrages entre le 29 et le 30 janvier. (Source: Maa Dialna)

BarrageCapacité totale (Mm3)Réserves au 29 janvier (Mm3)Taux de remplissage au 29 janvier (%)Réserves au 30 janvier (Mm3)Taux de remplissage au 30 janvier (%)Évolution du volume (Mm3)
Total (de tous les barrages au Maroc)16762963257,5998359,6351
Al Wahda3522283780303986202
Al Massira2656373143841411
Bin El Ouidane1215476394994123
Idriss 1er1129666587086242
Sidi Med Ben Abdellah9749589895397-5
Oued El Makhazine6726721006721000
Ahmed El Hansali668424634366512
Dar Khrofa480238492605422
El Mansour Eddahbi 44515033150330
Hassan II3929524100255

Cette évolution quotidienne s’inscrit dans une dynamique plus large observée depuis le début de la campagne hydrologique. Du 1er septembre 2025 au 28 janvier 2026, les apports cumulés dans les barrages atteignent 5.829,16 millions de m³. La majeure partie de ces volumes s’est concentrée sur la période récente, puisque 5.407,16 millions de m³ ont été enregistrés entre le 12 décembre 2025 et le 28 janvier 2026, soit 92,76% des apports cumulés depuis septembre. Par comparaison, ces apports représentent un excédent de 35% par rapport à la moyenne annuelle et une hausse de 330% par rapport à la même période de l’année précédente.

L’effet sur les niveaux de stockage est visible. Le taux national est passé de 31,1% au 12 décembre 2025 à 55,25% au 28 janvier 2026, avec des réserves atteignant 9,26 milliards de m³ à cette date, contre un niveau d’environ 27% un an plus tôt. Parallèlement, le cumul des précipitations atteint 138,5 mm entre le 1er septembre 2025 et le 28 janvier 2026, soit un excédent de 142% par rapport à la même période de l’année précédente. Les chutes de neige ont également contribué aux apports, la superficie maximale couverte ayant dépassé 55.400 km².

Dans plusieurs bassins, ces conditions ont permis à de nombreux barrages majeurs d’atteindre 80% de remplissage, tandis que certains ouvrages ont procédé à des lâchers d’eau dans le cadre de la gestion des retenues. Il s’agit notamment d’Al Wahda, où il a été décidé d’engager, à partir de l’après-midi du jeudi 29 janvier 2026, des opérations de déversement préventif à un débit avoisinant 250 mètres cubes par seconde, selon Mustapha Tantaoui, directeur du barrage.

Le responsable souligne que ces lâchers d’eau sont strictement encadrés et font l’objet d’un suivi continu sur le terrain, en étroite coordination avec les autorités locales et les services de la protection civile. L’objectif est de limiter toute contrainte excessive sur l’ouvrage, tout en garantissant un niveau de sécurité optimal pour les zones situées en aval.

Contrairement aux inquiétudes parfois suscitées par ce type d’opérations, le directeur du barrage a affirmé qu’il ne s’agit nullement d’un scénario de crue imminente, mais bien d’une mesure anticipative et purement préventive, rendue nécessaire par la persistance des précipitations à un rythme soutenu. Les volumes déversés seront dirigés vers le bassin du Sebou, via l’oued Ouergha, dans le cadre d’une gestion intégrée des ressources hydriques.

Par Hajar Kharroubi
Le 30/01/2026 à 13h57