Créé il y a dix-huit ans, le SITeau est un rendez-vous biennal consacré aux questions liées à l’eau, à l’assainissement et à l’énergie. Il réunit des acteurs institutionnels, des opérateurs économiques, des experts, des chercheurs, des organisations de la société civile ainsi que des jeunes engagés dans ces secteurs.
Après huit éditions tenues à Casablanca, les organisateurs ont fait le choix de déplacer l’événement à Marrakech. Pour Houria Tazi Sadeq, présidente de la Coalition marocaine pour l’eau (COALMA), ce changement de lieu relève d’une évolution naturelle, le salon ayant pris de l’ampleur au fil des éditions et nécessitant désormais un cadre adapté à la diversité de ses activités.
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Organisé en partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et la Coalition marocaine pour l’eau (COALMA), l’événement s’inscrit dans une dynamique internationale, en lien avec les grands rendez-vous consacrés à la gestion de l’eau, notamment le Forum mondial de l’eau prévu en 2027 à Riyad, auquel le Maroc est associé à travers l’attribution du Prix Hassan II.
Durant trois journées, le salon réunira un large éventail d’acteurs, responsables institutionnels, opérateurs publics et privés, experts nationaux et internationaux, universitaires, organismes de coopération, élus, start-up, organisations non gouvernementales, jeunes et médias. Les échanges porteront sur le nexus eau-énergie-agriculture-santé, dans un contexte de tensions accrues sur les ressources naturelles et d’intensification des impacts climatiques, explique Houria Tazi Sadeq.
La première journée, le 13 mai, sera dédiée à l’ouverture officielle du salon à travers une conférence internationale de haut niveau. Animée par des experts nationaux et internationaux, elle visera à croiser concepts, actions de terrain et retours d’expérience autour des interactions entre gestion de l’eau, production énergétique, sécurité alimentaire et santé publique. Les débats s’appuieront à la fois sur des analyses stratégiques et sur des initiatives concrètes mises en œuvre sur le terrain.
La deuxième journée fera, quant à elle, une place centrale aux jeunes. Depuis sa création, le SITeau a progressivement fait évoluer les modalités de leur participation, d’abord axées sur la sensibilisation à la dimension transversale de l’eau, puis orientées vers l’entrepreneuriat et l’innovation, notamment à travers l’organisation de hackathons. À l’issue de ces démarches, des applications ont été développées et certaines initiatives ont débouché sur la création de start-up.
Un format intergénérationnel
En 2026, cette dynamique se poursuit avec un format intergénérationnel intitulé «The Intergenerational 4 Water». Des jeunes échangeront avec des personnes disposant d’une longue expérience dans les secteurs de l’eau et de l’énergie. Cette mise en relation vise à encourager la transmission des savoirs, le partage d’expériences et l’émergence de projets nourris à la fois par l’innovation et par la connaissance du terrain, note Houria Tazi Sadeq. La même journée, un atelier ludique intitulé «Eau, école de citoyenneté» sera proposé aux enfants, dans une logique de sensibilisation précoce aux enjeux liés à l’eau.
Des ateliers de débats, co-organisés avec les parties prenantes et à leur demande, viendront compléter le programme scientifique, offrant des espaces d’échange ciblés autour de problématiques spécifiques.
La troisième journée sera dédiée à la clôture officielle autour des thématiques de l’eau, de l’interculturalité et de l’hydrodiplomatie. Une conférence internationale intitulée «Le dialogue des rives au miroir de l’eau» abordera les enjeux de coopération, de dialogue et de médiation dans la gestion des ressources hydriques à l’échelle régionale et internationale.
Tout au long de l’événement, une exposition présentera les métiers de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie. Elle offrira une visibilité aux compétences mobilisées dans ces secteurs et permettra aux visiteurs, notamment les jeunes, de mieux appréhender les perspectives professionnelles qu’ils recouvrent.
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En parallèle, plusieurs formations de renforcement de capacités seront proposées. Elles porteront sur la gouvernance et le cadre juridique de l’eau, sur les aspects juridiques et institutionnels de l’énergie, ainsi que sur la médiation et le travail collectif, en partenariat avec l’Institut de la médiation à Paris. Ces sessions ont pour objectif de favoriser une meilleure compréhension des cadres réglementaires et de renforcer les pratiques collaboratives.
Moment particulièrement attendu de cette neuvième édition, la remise du Prix Gaïa pour l’environnement interviendra lors de la cérémonie de clôture. Cette distinction internationale sera décernée avec le soutien notamment de l’UNESCO. Houria Tazi Sadeq connaît bien ce prix pour l’avoir elle-même reçu en 2019.
Plateforme public-privé reconnue, inscrite dans le sillage des grands rendez-vous mondiaux de l’eau, le SITeau 2026 ambitionne plus que jamais de transformer les risques climatiques en opportunités collectives, note la présidente de COALMA. À Marrakech, durant trois jours, décideurs, experts, jeunes, ONG et citoyens seront invités à penser autrement la gestion de l’eau et de l’énergie. Parce qu’au-delà des technologies, c’est bien une culture du dialogue, de la coopération et de la responsabilité partagée que le salon entend faire émerger.








