Encore récente, l’initiative de vente directe de poissons congelés pendant le mois de Ramadan a bouleversé les pratiques habituelles des intermédiaires et courtiers, qui ont rapidement remis en question la qualité et l’origine des produits proposés. La huitième édition de cette opération, initiée par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, vise à offrir du poisson de haute qualité aux consommateurs marocains, à des prix abordables. Cette initiative se caractérise par sa capacité à contourner les circuits traditionnels, souvent critiqués pour gonfler artificiellement les prix pendant le mois de Ramadan, relate le quotidien Assabah de ce lundi 16 février.
L’opération permet aux familles d’acquérir du poisson initialement destiné à l’exportation vers les marchés européens et asiatiques, à des tarifs largement accessibles, sans l’intervention d’intermédiaires qui augmentent habituellement le coût final sans valeur ajoutée réelle. Cette démarche directe a dérouté plusieurs grands courtiers, habitués à contrôler le trajet du produit depuis le port jusqu’aux marchés pour les particuliers, ce qui se traduisait par des prix élevés, a-t-on pu lire dans Assabah. Certains de ces intermédiaires ont alors lancé une campagne de remise en question, diffusant des informations inexactes sur la qualité des poissons dans une tentative de dissuader les consommateurs.
Cette opération s’inscrit dans un geste citoyen et social, dans le but de soulager les ménages à revenu modeste durant le Ramadan. Les poissons proposés sont congelés directement en mer, conformément à des normes sanitaires strictes, garantissant une conservation pouvant atteindre deux ans tout en préservant leur qualité, a-t-on encore pu lire. Chaque produit est accompagné d’une indication de son origine et de certificats attestant de son parcours depuis la capture jusqu’à la mise en vente, avec la possibilité de contrôles par les services compétents. Cette initiative, déjà testée avec succès dans plusieurs grandes villes, se distingue des pratiques spéculatives en cherchant à réduire le coût pour le consommateur tout en assurant transparence et traçabilité. Les observateurs soulignent que la controverse actuelle reflète un conflit latent entre la logique d’un marché ouvert, où le rôle des intermédiaires est limité, et celle des courtiers traditionnels, qui ont longtemps dominé une partie essentielle des chaînes de distribution.
La précédente édition de l’opération avait rencontré un succès retentissant, tant par l’affluence qu’elle avait générée, que par ses retombées sociales et professionnelles. Les professionnels du secteur estiment qu’un maintien de l’initiative tout au long de l’année, avec un soutien logistique adéquat, pourrait créer plus de 10.000 emplois directs et indirects, consolidant ainsi l’impact économique et social de cette démarche.







