La jeunesse, ce tiers de la société qui boude les partis mais détient les clés des urnes

Un bulletin est glissé dans l'urne d'un bureau de vote, au cours de précédentes élections législatives.. DR

Revue de presseFace à une jeunesse aux aspirations grandissantes, le prolongement du délai pour l’inscription dans les listes électorales souligne l’urgence d’une mobilisation politique authentique. Les chiffres révèlent un réservoir électoral jeune et conséquent, dont la défiance envers les partis traditionnels constitue le principal obstacle à surmonter. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 19/01/2026 à 17h34

Le ministère de l’Intérieur concède un nouveau délai pour l’inscription sur les listes électorales, dans un contexte où les revendications socio-politiques de la jeunesse gagnent en intensité. Cette concomitance pose un double défi: élargir la participation officielle au scrutin et inciter les formations politiques à conquérir la confiance de cette catégorie décisive.

Les statistiques officielles éclairent l’enjeu: les jeunes représentent le tiers de la société, mais leur inscription précédente restait faible. Seuls 3% des 18-24 ans étaient recensés, contre 19% pour la tranche des 25-34 ans, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 20 janvier. Selon le Haut-Commissariat au Plan, plus de 25 millions de Marocains ont atteint l’âge de voter, dont 4 millions de primo-votants –soit 15% de l’électorat potentiel.

Cette force numérique considérable détient le pouvoir d’infléchir les résultats des urnes, pour peu qu’elle soit politiquement mobilisée. L’extension du délai d’inscription peut être interprétée comme une mesure compensatoire visant à pallier la faible inscription juvénile et à encourager une adhésion précoce au processus électoral.

Pourtant, malgré les efforts affichés par les partis, ceux-ci peinent à intégrer les jeunes dans leurs structures organisationnelles. Des études indiquent qu’environ un tiers d’entre eux n’adhère à aucun parti, ce qui limite drastiquement leur influence dans les prises de décision. Cette distance traduit une profonde défiance: une enquête révèle que 86% des jeunes se disent insatisfaits de l’action des partis, 47% n’ont pas confiance en eux et 26% affirment ne s’intéresser aucunement à la politique.

Paradoxalement, 58% des jeunes interrogés déclarent s’être inscrits sur les listes, suggérant que leur démarche administrative pourrait précéder un réel engagement politique, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Cette réalité place les partis face à une équation complexe: il leur faut non seulement recruter les jeunes électeurs comme «forces numériques», mais aussi instaurer avec eux un lien de confiance susceptible de transformer leur inscription en une participation effective à ces scrutins.

Par Hassan Benadad
Le 19/01/2026 à 17h34