Fès: l’éclat doré des douceurs traditionnelles fait vibrer les ruelles de la cité millénaire

Une échoppe de la médina de Fès proposant pâtisseries et autres spécialités locales. (Y.Jaoual/Le360)

Le 20/02/2026 à 15h43

VidéoAu rythme du Ramadan, les artères de la vieille ville de Fès retrouvent leur effervescence légendaire. Dans ce décor chargé d’histoire, la quête du ftour devient un rituel sacré, menant les fidèles vers les trésors de la gastronomie fassie. Entre le parfum des épices et l’éclat doré des pâtisseries traditionnelles, la médina réaffirme son titre de conservatoire vivant des saveurs du Royaume.

Dès les premières lueurs du mois sacré, Fès se pare d’une ferveur singulière. Habitants et visiteurs s’immergent dans une atmosphère spirituelle unique, propre à la capitale académique du Royaume, où les rituels de préparation célèbrent la richesse d’un patrimoine culinaire d’exception.

Au sein de la cité millénaire, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’activité commerciale connaît une montée en puissance spectaculaire. Les ruelles étroites du cœur historique voient affluer les familles fassies, en quête des composantes essentielles du ftour. Entre les étals, les fragrances de miel et de fleur d’oranger s’entremêlent: chebbakia, mhancha, briouates et maqroutes se disputent la vedette avec le célèbre khlîa, véritable pilier de la gastronomie locale.

Les commerçants rivalisent de créativité pour sublimer leurs échoppes. À l’extérieur, les produits sont exposés comme des œuvres d’art, tandis que se perpétue la tradition de la «dwaqa». Cette pratique de dégustation, mélange de convivialité et de marketing ancestral, permet aux artisans de démontrer l’excellence de leurs spécialités, notamment la pâtisserie filalie, dont la demande culmine durant cette saison.

Hamid Chouaytir, commerçant emblématique de la médina, témoigne de cette effervescence: «La demande pour les douceurs miellées double, voire triple, durant le Ramadan. Cette année est marquée par un engouement notable des Marocains résidant à l’étranger et des touristes internationaux. Tous cherchent à vivre l’expérience authentique du Ramadan fassi, ce qui insuffle un dynamisme précieux à nos métiers artisanaux.»

Le raffinement de la table fassie repose sur des chhiwates aux recettes immuables, nées entre les murs de la cité. La précision du geste artisanal se retrouve dans le trid, la finesse de la pâtisserie filalie ou encore l’onctuosité du beurre hasnaoui. Pour les familles, intégrer ces mets à la table de rupture du jeûne est bien plus qu’une habitude alimentaire: c’est un acte de transmission culturelle, une manière d’honorer l’ancienneté et l’élégance de la cuisine citadine.

Ainsi, durant ce mois sacré, Fès s’affirme comme un conservatoire vivant des traditions. Le Ramadan y devient un rendez-vous annuel où l’identité locale se réinvente sans jamais trahir ses racines, consolidant ainsi le lien indéfectible entre les Fassis et leur héritage.

Par Youssra Jaoual
Le 20/02/2026 à 15h43