Dans un communiqué, la DGSN indique avoir pris connaissance d’un article publié par le quotidien français Le Figaro au sujet de la déclaration de disparition d’un ressortissant français à Rabat, qu’elle juge imprécis et entaché d’allégations attribuées à certaines parties impliquées dans l’affaire. Celles-ci avancent notamment qu’un retard aurait été enregistré dans l’enquête et que l’équipe d’investigation n’aurait pas répondu aux demandes de la famille de la personne portée disparue.
Soucieuse d’informer l’opinion publique et de rétablir les faits, la DGSN précise qu’elle présentera les principales pistes explorées, ainsi que l’ensemble des actions menées sur le terrain, des expertises techniques et des réquisitions effectuées, dans le respect des limites de communication prévues par la loi pour une procédure judiciaire toujours en cours.
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En date du 13 avril 2024, les services de la préfecture de police de Rabat ont été saisis d’une déclaration de disparition d’un ressortissant français de l’appartement qu’il occupait à titre locatif. Les premières constatations effectuées par les éléments de la police judiciaire, assistés par les techniciens de la scène de crime, n’ont fait apparaître aucun indice susceptible de caractériser une infraction pénale, en l’absence de toute trace d’effraction ou de vol, et compte tenu de la présence sur les lieux des effets personnels, du matériel informatique et électronique ainsi que d’une somme d’argent appartenant à l’intéressé.
L’enquête a été approfondie pour déterminer l’existence ou non d’une hypothèse criminelle, grâce aux experts de la scène de crime et à l’équipe du Laboratoire national de police scientifique et technique qui ont inspecté et ratissé l’appartement du disparu, ainsi que celui d’une personne qui l’accompagnait avant la déclaration de sa disparition et ce, à l’aide de matériel et d’équipements techniques de pointe, souligne la DGSN, ajoutant que des échantillons d’ADN ont également été prélevés dans ces lieux afin d’être utilisés dans le cadre de l’enquête, alors qu’aucun indice ou preuve permettant d’étayer l’hypothèse criminelle n’a été trouvé.
Dans l’objectif d’élucider les circonstances de la disparition de ce ressortissant français, âgé de 29 ans au moment des faits, le parquet général compétent a confié l’enquête relative à cette affaire à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) de Casablanca qui a procédé à l’audition de l’ensemble des personnes ayant été en contact avec le disparu, communiqué avec lui par téléphone ou faisaient partie de ses connaissances, totalisant ainsi plus de 60 procès-verbaux d’audition et d’interrogatoire.
Par ailleurs, l’équipe d’enquête a réalisé des expertises techniques sur certains équipements et appareils électroniques appartenant à l’individu en question, sans toutefois trouver d’éléments permettant de le localiser.
De plus, l’itinéraire des villes qu’il avait visitées au Maroc, à savoir Tétouan et Chefchaouen, a été retracé, des déplacements ayant été effectués dans ces villes afin d’auditionner toutes les personnes qu’il y a rencontrées, sans toutefois le retrouver, fait savoir le communiqué.
Dans le même contexte, la BNPJ, sous la supervision du parquet général compétent, a adressé des dizaines de demandes d’informations et de réquisitions techniques aux opérateurs de télécommunications, établissements bancaires et institutions financières, ainsi qu’à l’Administration des douanes et impôts indirects en rapport avec les transactions financières de l’intéressé, ses communications antérieures à sa disparition, ainsi qu’au véhicule immatriculé à l’étranger qu’il utilisait à un certain moment au Maroc.
Ces démarches n’ont révélé aucun soupçon de nature criminelle ni permis d’obtenir de nouvelles données sur l’endroit où il se trouve, précise-t-on de même source.
De même, l’équipe d’enquête a formulé, avec l’autorisation du parquet, des demandes via des canaux de coopération sécuritaire internationale afin de retracer le circuit des transferts financiers de la personne disparue, lesquelles ont confirmé les mêmes résultats que les investigations précédentes.
Contrairement à ce qui a été avancé par le journal Le Figaro et réfutant les allégations attribuées à l’équipe de l’enquête, la DGSN affirme que la famille de la personne déclarée disparue a été reçue à plus de cinq reprises au siège de la Brigade régionale de la police judiciaire à Rabat, qu’elle a été informée de l’évolution de l’enquête et s’est vu restituer les effets personnels appartenant à leur fils, conformément à un procès-verbal établi à cet effet, sur instructions du parquet général compétent.
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La Brigade nationale de la police judiciaire a, en outre, répondu à l’ensemble des demandes émanant de l’officier de liaison français au Maroc, notamment celles relatives à des signalements téléphoniques reçus par le père de la personne disparue, faisant état de sa présence supposée dans plusieurs villes, à savoir Casablanca, Mohammedia, Ifrane, Azrou, Khénifra, Fès, ainsi que dans certaines zones montagneuses du Haut Atlas.
Ainsi, six équipes de recherche ont été mobilisées et dépêchées dans l’ensemble de ces villes, dont une équipe qui a mené des investigations sur le terrain durant plus de trois semaines dans les régions du Haut Atlas. Il a été procédé à l’audition de l’ensemble des personnes ayant émis des signalements et à l’identification de celles suspectées d’être l’individu porté disparu. Les vérifications ont révélé qu’il s’agissait de trois individus, un ressortissant français et un Estonien, ainsi que d’un citoyen marocain n’ayant aucun lien avec le Français déclaré disparu.
Dans le but d’approfondir l’enquête, la BNPJ a procédé à la diffusion d’une note de recherche urgente auprès de l’ensemble des services de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie royale, afin de rechercher tout ressortissant français répondant aux caractéristiques de la personne disparue. Ces recherches, étendues aux établissements hospitaliers et aux cliniques psychiatriques, se sont avérées infructueuses, sachant que l’ensemble des témoignages recueillis ont affirmé que la personne disparue souffrait de graves complications psychologiques.
Concernant l’hypothèse d’une radicalisation religieuse de la personne disparue, évoquée par l’article du journal Le Figaro, la DGSN affirme que les recherches et investigations menées à ce sujet, en coordination avec la DGST, n’ont permis d’établir aucun lien de nature extrémiste concernant l’intéressé sur le territoire national.
Tout en apportant des éclaircissements sur l’évolution de l’enquête dans cette affaire et en réfutant les fausses allégations publiées, la DGSN indique que la BNPJ poursuit toujours l’enquête dans cette affaire, dans le respect des dispositions légales, la dernière mesure légale engagée dans ce cadre ayant été effectué le 20 janvier 2026.







