La juge d’instruction du tribunal des crimes financiers près la Cour d’appel de Rabat a achevé son enquête approfondie sur les accusés dans l’affaire des détournements de centaines de millions de dirhams appartenant à l’Union Marocaine des Banques à Tétouan, connue sous le nom de l’affaire «Daniel et ses complices». C’est ce qu’indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du mercredi 19 février, citant des sources bien informées.
Ces mêmes sources confirment que la juge en charge de l’enquête a interrogé des dizaines de personnes impliquées dans le dossier pendant dix mois, y compris des accusés, des suspects et des témoins, avant de prendre la décision de renvoyer les accusés devant le tribunal compétent. En tête de liste figure l’accusé principal, Daniel Ziouzou, qui occupait le poste de directeur régional de la banque à Tétouan, aux côtés d’autres personnes impliquées. Il n’est pas exclu que des responsables centraux, également interrogés dans cette affaire, soient poursuivis, certains ayant même été arrêtés.
Alors que l’on s’attendait à la révélation de nouveaux détails sur cette affaire qui captive l’opinion publique, le mystère s’épaissit en l’absence d’informations sur l’implication éventuelle d’autres personnes. Plusieurs sources indiquent que «Daniel» n’était qu’une «boîte noire», l’arbre qui cache la forêt des bénéficiaires et profiteurs de ces fonds détournés.
Bien que l’enquête ait atteint un stade avancé avec le renvoi des accusés devant la justice, la plupart des victimes n’ont toujours pas récupéré leur argent, malgré les promesses et assurances qui leur ont été faites. Seule l’Association des œuvres sociales de la municipalité de Tétouan a pu récupérer son dû, détourné de son compte bancaire.
Un grand nombre de victimes envisagent de saisir la justice compétente afin de contraindre l’administration centrale de la banque à tenir ses engagements et à restituer les fonds à leurs propriétaires. Certaines d’entre elles avaient investi l’intégralité de leurs avoirs et se retrouvent aujourd’hui sans source de revenu.
Les faits remontent au mois de mai dernier, lorsque des éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire se sont rendus à Tétouan, plus précisément au siège de l’Union Marocaine des Banques sur l’avenue Mohammed V, pour saisir et inventorier le contenu de la banque, ainsi que pour interroger son directeur et son personnel. Peu après, le directeur régional et le responsable de la caisse ont été transférés au siège de la Brigade nationale pour être interrogés sur leur implication présumée dans le détournement de sommes d’argent colossales, estimées à plus de 300 millions de dirhams.
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