Le 10 novembre 2025, le barrage Al Wahda, d’un volume de retenue de 3.800 millions de mètres cubes (Mm³), n’était rempli qu’à 42% pour un volume de 1.482 Mm³. Au 31 janvier 2026, il culminait à 90% avec 3.204 Mm³. Cette montée a conduit à un déversement du surplus engagé dès le jeudi 29 janvier et toujours en cours, selon Mostapha Tantaoui, directeur de l’ouvrage.
«Cette trajectoire n’a pas été linéaire mais elle traduit une nette bascule hydrique. Après un automne encore marqué par des niveaux relativement prudents, décembre a d’abord montré des variations modestes avant que la dynamique ne s’accélère en janvier sous l’effet de la pluie», fait remarquer Amine Benjelloun, hydrologue.
Des déversements préventifs enclenchés à Al Wahda après la forte remontée du niveau des eaux.
Dans le détail, le 15 décembre 2025, le niveau du barrage était de 41% pour 1.466 Mm³. Deux jours plus tard, le 17 décembre, il remontait à 42% avec 1.482 Mm³. Le 22 décembre, le réservoir affichait toujours 42% pour 1.512 Mm³. Le 26 décembre, il progressait à 45% avec 1.617 Mm³. Le 29 décembre, le barrage était à 48% pour 1.704 Mm³. Le 31 décembre, il atteignait 50% avec 1.785 Mm³. Le mois de janvier a confirmé la hausse.
Le 12 janvier, le niveau passait à 58% pour 2.061 Mm³. Le 16 janvier, il montait à 59% avec 2.090 Mm³. Le 19 janvier, il atteignait 60% pour 2.133 Mm³. Le 22 janvier, il s’établissait à 61% avec 2.166 Mm³.
La fin du mois a vu des augmentations régulières. Le 26 janvier, le barrage enregistrait 68% pour 2.413 Mm³. Le 27 janvier, il montait à 71% avec 2.516 Mm³. Le 28 janvier, il atteignait 74% pour 2.628 Mm³. Le 29 janvier, le niveau dépassait 80% avec 2.837 Mm³. Le 30 janvier, il grimpait à 86% pour 3.039 Mm³. Le 31 janvier, il culminait à 90% avec 3.204 Mm³.
Face à cette progression continue et aux pluies persistantes, les gestionnaires ont opté pour un déversement du surplus. Comme relevé par le directeur de l’ouvrage Mostapha Tantaoui, l’opération avait débuté le jeudi 29 janvier avec un débit fixé à 250 m³ par seconde. À partir du dimanche 1er février, ce débit a été porté à 2.200 m³ par seconde et se poursuit sans interruption au 2 février.
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Selon Hanane Baghdad, directrice de la recherche et de la planification de l’eau au ministère de l’Équipement et de l’Eau, les déversements effectués constituent des mesures préventives et de sécurité destinées à maintenir le barrage dans des conditions de fonctionnement sûres, menées en coordination avec l’ensemble des intervenants et de manière contrôlée et maîtrisée afin de réduire les risques et d’éviter des dangers plus importants.
«Sans les barrages, les volumes d’eau qui arrivent auraient un impact bien plus violent et rapide, entraînant des conséquences beaucoup plus graves», insiste-t-elle.
Évolution du taux de remplissage et du volume du barrage Al Wahda. (Source: Maa Dialna)
| Date | Taux de remplissage (%) | Volume (Mm³) | Evolution (Mm³) |
|---|---|---|---|
| 10 novembre | 42 | 1482 | -- |
| 15 décembre | 41 | 1466 | -16 |
| 17 décembre | 42 | 1482 | 16 |
| 22 décembre | 42 | 1512 | 30 |
| 26 décembre | 45 | 1617 | 105 |
| 29 décembre | 48 | 1704 | 87 |
| 31 décembre | 50 | 1785 | 81 |
| 12 janvier | 58 | 2061 | 276 |
| 16 janvier | 59 | 2090 | 29 |
| 19 janvier | 60 | 2133 | 43 |
| 22 janvier | 61 | 2166 | 33 |
| 26 janvier | 68 | 2413 | 247 |
| 27 janvier | 71 | 2516 | 103 |
| 28 janvier | 74 | 2628 | 112 |
| 29 janvier | 80 | 2837 | 209 |
| 30 janvier | 86 | 3039 | 202 |
| 31 janvier | 90 | 3204 | 165 |
| 1er février | 90 | 3181 | -23 |
| 2 février | 87 | 3066 | -115 |
Mostapha Tantaoui note, par ailleurs, que ces déversements ne correspondent pas à une perte d’eau mais à une mesure de sécurité et de gestion hydraulique. Cette mesure permet de prévenir les inondations en amont. Si le barrage restait complètement fermé alors que les rivières continuent d’alimenter le réservoir, l’eau s’accumulerait derrière le barrage et pourrait submerger des zones habitées, agricoles ou naturelles situées en amont, affirme Amine Benjelloun, hydrologue.
Le déversement évite cette montée excessive des eaux, détaille notre interlocuteur, précisant qu’augmenter progressivement le débit, comme on l’a fait en passant de 250 m³/s à 2.200 m³/s, permet un lâcher contrôlé et non brutal et ainsi de limiter les risques d’inondations soudaines en aval.
Le barrage Al Wahda, le plus grand du Maroc. (Y.Jaoual/Le360).

















