Casablanca: un réseau organisé monte des arnaques contre les banqueroutiers de la pandémie

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Revue de presseKiosque360. Des banqueroutiers de la crise découlant du contexte sanitaire ont découvert qu'ils étaient victimes d'un vaste réseau d'arnaqueurs qui sous-évaluent la valeur de leurs biens mis aux enchères au profit de leurs créanciers.

Le 10/11/2020 à 19h00

La crise économique consécutive à la pandémie de Covid-19 a non seulement conduit certains vers la banqueroute, mais elle les a également exposés à l'arnaque d’une nouvelle mafia de l'immobilier. C'est l'affaire qui vient d'éclater dans la région de Casablanca, où les victimes sont principalement des commerçants et des entrepreneurs ayant fait faillite à cause de la crise actuelle.

Assabah, qui rapporte l'affaire dans son édition du mercredi 11 novembre, explique que cette mafia a profité de la multiplication des saisies d'habitations de luxe dans la ville verte de Bouskoura pour monter son arnaque. Le mode opératoire consiste en la sous-évaluation de la valeur des biens immobiliers qui ont été mis aux enchères au profit des créanciers de ces banqueroutiers dans les rapports d'expertise, afin que des complices les acquièrent à des prix bradés avant de les revendre au prix fort.  Selon la publication, l'affaire a éclaté lorsque des commerçants et des entrepreneurs en faillite ont constaté que la valeur retenue dans les rapports des experts pour la mise aux enchères de leurs biens immobiliers saisis représentait à peine le sixième de la valeur réelle des habitations. Des victimes accusent même les experts et topographes ayant réalisé ces rapports d’avoir établi une évaluation des biens sans même se déplacer pour les visiter. Le cas le plus flagrant, rapporté par le quotidien, est une estimation faite pour une bâtisse de 1000 m², érigée sur trois niveaux, que le rapport évalue sur la base d’une habitation sur deux niveaux. De même, les rapports incriminés ne semblent pas tenir compte de l'état réel des biens, ni de l'état de ses équipements intérieurs. Face à cette situation, ajoute le quotidien, plusieurs des victimes en question ont réclamé l'annulation de ces rapports et la nomination d'huissiers de justice pour veiller à ce que de nouvelles expertises soient faites dans les règles. Sauf que cette doléance semble confrontée à une problématique d'ordre réglementaire. Un expert judiciaire désigné dans le cadre d’une affaire ne peut être révoqué que si des conditions précises sont réunies, notamment l'existence de conflits antérieurs avec l'une des parties concernées par son expertise ou le traitement d'une affaire n'entrant pas dans le cadre de ses compétences.

Par Fayza Senhaji
Le 10/11/2020 à 19h00