CAN 2025: un supporter algérien placé en détention pour le vol d’un talkie-walkie au stade de Marrakech

A gauche, le supporter algérien avec le talkie-walkie volé en main.

A gauche, le supporter algérien avec le talkie-walkie volé en main.

Un ressortissant algérien a été placé en détention pour avoir volé un appareil radio appartenant à un membre des équipes de securité lors du match opposant l’Algérie au Nigeria au Grand Stade de Marrakech. La vidéo de son geste, largement diffusée, a permis une intervention rapide des autorités. L’affaire, survenue en marge de la CAN 2025, s’inscrit dans une série d’incidents dans lesquels la responsabilité de supporters algériens a été avérée.

Le 14/01/2026 à 14h36

Les services de la police judiciaire de Marrakech ont présenté aujourd’hui devant le parquet du tribunal de première instance un ressortissant algérien, A.S., arrêté pour le vol d’un appareil radio (talkie-walkie) appartenant à un membre des équipes de sécurité. Le vol a eu lieu samedi dernier lors du match opposant l’équipe nationale algérienne à l’équipe nigériane, dans les gradins du Grand Stade de Marrakech.

Après sa présentation, le parquet a ordonné son placement en détention provisoire à la prison de l’Oudaya, fixant sa prochaine audience au 15 janvier. Cette arrestation fait suite à la diffusion d’une vidéo largement partagée, qui montre l’individu s’emparant de l’appareil radio au milieu de la bousculade provoquée par les supporters algériens, ce qui a permis aux forces de sécurité d’agir rapidement.

Dans une autre affaire, le parquet général près la Cour d’appel de Marrakech a ordonné, mardi, le placement en détention de M. R. d’origine algérienne et portant également la nationalité française, à la prison de l’Oudaya, dans le cadre de l’affaire ayant suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux. L’individu est poursuivi pour incitation à la haine à l’occasion de manifestations sportives, ainsi que pour diffamation et injures publiques par cris et propos contraires aux bonnes mœurs et à la morale publique à l’encontre d’un groupe de personnes.

Cette décision judiciaire fait également suite à son interpellation par les services de sécurité, après la diffusion massive d’une vidéo filmée au stade de Marrakech. Les images montrent le mis en cause en train de déchirer ostensiblement des billets de banque marocains, un geste provocateur portant atteinte à un symbole national et puni par la loi. C’était en marge d’une des rencontres de la Coupe d’Afrique des nations 2025 ayant opposé l’Algérie au Nigeria.

L’arrestation est intervenue dans le cadre d’une réaction rapide et coordonnée des services de sécurité, mobilisés pour identifier les personnes impliquées dans ce contenu largement relayé sur plusieurs plateformes numériques et sites d’information. L’intéressé a été appréhendé à Casablanca avant d’être transféré à Marrakech, où il a été placé en garde à vue sous la supervision du parquet compétent, puis déféré devant la justice.

Le suspect a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Les poursuites engagées soulignent la gravité juridique de cet acte, qui ne saurait être réduit à un simple débordement lié à l’émotion sportive, mais relève d’un comportement délibéré susceptible de troubler l’ordre public.

Ces deux épisodes s’inscrivent dans un contexte plus large d’incidents survenus en marge de la CAN 2025 et provoqués par des supporters algériens. Quelques jours auparavant, l’influenceur algérien Raouf Belkacemi avait été placé en garde à vue après avoir diffusé une vidéo le montrant urinant dans les gradins du stade Prince Moulay El Hassan à Rabat, lors du match Algérie–RDC. Des faits qualifiés d’atteinte aux bonnes mœurs et ayant provoqué une large indignation. L’influenceur a également été placé en détention provisoire dans l’attente de son procès.

Par ailleurs, l’élimination de l’équipe algérienne face au Nigeria en quart de finale avait donné lieu à plusieurs débordements, notamment des contestations virulentes de l’arbitrage, des tensions avec les joueurs adverses, des tentatives d’intrusion sur la pelouse, ainsi que des agressions physiques de journalistes marocains en zone mixte, attribuées à des «confrères» algériens.

Pris séparément, ces incidents pourraient être considérés comme des dérives individuelles. Leur accumulation sur une courte période, dans le cadre d’un événement continental censé promouvoir le fair-play et le rapprochement des peuples, interpelle toutefois.

Par La Rédaction
Le 14/01/2026 à 14h36