Au 16 février, le stock national atteint 11.833 millions de m³ contre 10.934 millions au 7 février, soit 899 millions de m³ de plus. Le taux de remplissage gagne 5,4 points pour s’établir à 70,6%.
La progression est d’abord tirée par les réservoirs de grande capacité. Al Wahda, principal ouvrage du pays, voit ses réserves passer de 3.122 à 3.297 millions de m³ entre le 7 et le 16 février. Son taux de remplissage progresse de 88% à 93%.
Idriss Ier passe de 926 à 1.065 millions de m³, avec un remplissage qui grimpe de 82% à 94%. Bin El Ouidane progresse de 619 à 772 millions de m³ et voit son taux monter de 50% à 63%. Dans le même registre, Dar Khrofa passe de 413 à 472 millions de m³ et atteint 98% contre 86% neuf jours plus tôt.
Certains réservoirs se stabilisent à des taux déjà élevés. Sidi Med Ben Abdellah passe de 916 à 925 millions de m³ entre le 7 et le 16 février, avec un taux de remplissage maintenu à 94%.
Les réserves d’Al Massira passent de 453 à 607 millions de m³, et son taux de remplissage de 17% à 22%. La progression est importante en volume, mais elle laisse l’ouvrage à un niveau qui reste bas au regard de sa capacité.
Sur d’autres barrages, l’amélioration est plus graduelle mais reste significative. Ahmed El Hanssali augmente de 538 à 568 millions de m³, avec un taux de 80% à 85%. Hassan II progresse de 122 à 157 millions de m³ et son taux de 31% à 40%, une hausse notable en points malgré une capacité plus limitée. Mansour Dahbi passe de 164 à 176 millions de m³ et de 36% à 39%, un redressement plus lent mais orienté à la hausse.
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À mesure que les taux se rapprochent des niveaux élevés, la question n’est plus seulement celle de la reconstitution des stocks, mais aussi celle de la régulation. Depuis décembre, des opérations de déversement ont ainsi été engagées sur onze ouvrages, avec 4,2 milliards de m³ évacués au total jusqu’au mercredi 11 février.
Le cas d’Oued El Makhazine illustre l’ampleur de l’épisode. Les apports cumulés y atteignent 1,462 milliard de m³, dont 1,031 milliard sur les quinze derniers jours, imposant des déversements importants pour contenir les niveaux et absorber l’arrivée massive d’eau. La gestion s’appuie sur une combinaison de leviers, avec des déversements préventifs pour préserver une marge de sécurité, un suivi continu en plus d’un monitoring horaire des niveaux et des débits et des simulations hydrologiques destinées à anticiper les précipitations, estimer les apports et encadrer les niveaux maximaux.
Un dispositif similaire est appliqué à Al Wahda, où la saison est qualifiée d’exceptionnelle au regard des cumuls, proches de 800 mm en trois mois contre une moyenne annuelle estimée autour de 600 mm. Les débits entrants ont ponctuellement franchi 5.400 m³ par seconde, tandis que le débit maximal de lâcher a atteint 2.200 m³ par seconde avant d’être progressivement réduit pour se stabiliser autour de 1.000 m³ par seconde.
Le barrage Al Wahda, plus grand ouvrage hydraulique du Maroc, affiche un taux de remplissage de 93% suite aux apports records dépassant les 4 milliards de m³ enregistrés cette saison.(Y.Jaoual/Le360)
Dès le franchissement du seuil de 90%, les opérations de déversement ont été activées afin de maintenir des marges de sécurité et d’anticiper de nouveaux apports.






















