Barrage de Bab Louta: un niveau de remplissage inédit dépassant les 104%

Le barrage de Bab Louta, situé sur l’oued Bousbaa dans la région de Fès-Meknès, dépasse aujourd’hui son niveau normal de remplissage, atteignant plus de 104%. (Y.Jaoual/Le360)

Le 30/01/2026 à 10h34

VidéoEn l’espace de quelques semaines seulement, le barrage de Bab Louta, dans la région de Fès-Meknès, est passé d’un état préoccupant à un niveau de remplissage historique, dépassant les 104% contre toute attente. Les images.

De 60% à plus de 104% en quelques semaines, le barrage de Bab Louta renverse totalement la tendance hydrique. Porté par des précipitations abondantes enregistrées depuis le début du mois de décembre, cet ouvrage stratégique de la région de Fès-Meknès a non seulement comblé le déficit accumulé, mais a dépassé son seuil normal de remplissage, affichant un taux inédit de plus de 104%, une première qui illustre l’amélioration notable des ressources en eau dans la région.

Ce niveau de remplissage record place aujourd’hui le barrage dans une situation particulièrement confortable, traduisant l’impact direct et déterminant des récentes pluies sur le fonctionnement des infrastructures hydrauliques. Situé sur l’oued Bousbaa, l’un des principaux affluents de l’oued Inaouen, le barrage de Bab Louta constitue un maillon central du réseau hydrique local, tant pour le stockage que pour la régulation des ressources en eau.

Construit en 1999 à l’est de la ville de Fès, au niveau de la commune de Smià, dans la province de Taza, le barrage se trouve à environ 7 kilomètres du centre communal et à 11 kilomètres de la ville de Tahla. Il dispose d’une capacité normale de 32,3 millions de mètres cubes, avec une hauteur de 55 mètres et un bassin versant s’étendant sur 124 kilomètres carrés.

Selon les données communiquées par l’Agence du bassin hydraulique du Sebou, la situation hydrologique du barrage s’est nettement améliorée au cours des dernières semaines. À ce jour, le taux de remplissage atteint 104,3%, correspondant à un volume d’eau estimé à 34,9 millions de mètres cubes. Depuis le 9 janvier, le barrage est en situation de déversement continu depuis près de 18 jours, avec un débit avoisinant 14 mètres cubes par seconde.

Ces volumes excédentaires sont entièrement dirigés vers le barrage Idriss Ier, situé en aval, illustrant la complémentarité entre les différents ouvrages hydrauliques et la logique de gestion intégrée adoptée pour optimiser l’exploitation des ressources en eau à l’échelle du bassin.

Ce retournement de situation est principalement attribué aux importantes précipitations enregistrées dans la région depuis le début du mois de décembre 2025, avec un cumul pluviométrique estimé à 444 millimètres. Ces apports ont permis au barrage de recevoir près de 25 millions de mètres cubes d’eau en un laps de temps relativement court.

À titre de comparaison, au début du mois de décembre, le taux de remplissage du barrage ne dépassait pas 60%, avec un volume stocké d’environ 20 millions de mètres cubes. En l’espace de quelques semaines seulement, le niveau a connu une hausse significative, avec un gain supplémentaire estimé à 15 millions de mètres cubes, traduisant l’ampleur de l’amélioration enregistrée.

Cette évolution positive aura des retombées directes sur l’approvisionnement en eau potable, en permettant de sécuriser les besoins de la ville de Taza et des zones avoisinantes pour une durée pouvant atteindre près de deux années, offrant ainsi un véritable répit face aux défis climatiques et à la variabilité croissante des ressources hydriques.

Par Youssra Jaoual
Le 30/01/2026 à 10h34